Un retour attendu après son Lion d’or
Quelques mois après le succès de La Chambre d'à côté, récompensé à Venise, Pedro Almodóvar s’apprête à fouler les marches du Festival de Cannes avec un nouveau projet. Intitulé Autofiction, ce 24e long métrage marque aussi un retour à la langue espagnole, après une parenthèse anglophone.Le réalisateur retrouve pour l’occasion plusieurs visages familiers du cinéma ibérique, dont Bárbara Lennie, Leonardo Sbaraglia et Aitana Sánchez-Gijón. À leurs côtés, Victoria Luengo, Patrick Criado ou encore Milena Smit viennent compléter une distribution ancrée dans l’univers du cinéaste.
Une mise en abyme de la création artistique
Au cœur du récit, Raúl, un réalisateur reconnu, traverse une crise créative. Lorsqu’un drame touche l’une de ses proches collaboratrices, il décide de s’en inspirer pour écrire son prochain film.Peu à peu, un second personnage émerge : Elsa, elle aussi réalisatrice, dont le parcours reflète étrangement celui de Raúl. Les frontières entre fiction et réalité deviennent alors plus floues, dans un jeu de miroirs qui interroge la part d’intime que l’on expose à travers l’art.
Cette construction narrative, fidèle aux obsessions d’Almodóvar, prolonge sa réflexion sur la mémoire, le désir et la création, déjà au cœur de plusieurs de ses œuvres précédentes.
Autofiction bande-annonce
Un tournage entre Madrid et les Canaries
Le film a été tourné entre Madrid et l’île de Lanzarote, un décor que le cinéaste connaît bien pour y avoir déjà posé sa caméra. Quelques images des coulisses ont d’ailleurs été partagées via un compte Instagram dédié, offrant un premier aperçu de l’atmosphère du projet.Autofiction — dont le titre original Amarga Navidad fait référence à une chanson de Chavela Vargas — sortira en salles le 20 mai 2026, en parallèle de sa présentation à Cannes.
Un projet dans la continuité de son cinéma
Avec ce nouveau film, Pedro Almodóvar semble approfondir une veine plus introspective, déjà perceptible dans ses derniers travaux. Le choix d’un récit en miroir, centré sur un cinéaste confronté à ses propres limites, résonne comme une mise à nu artistique.Ce positionnement pourrait séduire le jury cannois, sensible aux œuvres où la mise en scène devient elle-même sujet. Reste à voir comment le public accueillera ce récit où l’intime se transforme en matière première, au risque de brouiller les repères entre vécu et fiction.

















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