C dans l’air du 11 février 2026 : affaire Epstein, la diplomatie française rattrapée

Publié le mercredi 11 février 2026 à 17h24 6 min
Un diplomate cité dans des centaines de documents, une plainte déposée à Paris, des auditions annoncées aux États-Unis : l’onde de choc Epstein gagne désormais le Quai d’Orsay.
C dans l’air du 11 février 2026 : affaire Epstein, la diplomatie française rattrapée
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Un diplomate français dans les archives américaines

L’affaire Epstein, déjà tentaculaire, prend une dimension française. Le nom de Fabrice Aidan, diplomate, apparaît dans près de 200 documents récemment rendus publics par la justice américaine. Entre 2010 et 2017, il aurait échangé de nombreux courriels avec Jeffrey Epstein. Selon Mediapart et Radio France, il aurait fait bénéficier le financier américain « d’informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l’international ». Des éléments désormais transmis à la justice française. En 2013, Fabrice Aidan avait déjà fait l’objet d’une enquête du FBI et d’une procédure disciplinaire interne à l’ONU pour des soupçons de consultation de sites pédopornographiques. Il avait quitté son poste aux Nations unies et les États-Unis. À l’époque, il travaillait sous l’autorité du diplomate norvégien Terje Rød-Larsen, aujourd’hui visé en Norvège par une enquête pour « complicité de corruption aggravée » en lien avec ses relations avec Epstein.

Réaction immédiate du Quai d’Orsay

Face aux révélations, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réagi ce mercredi 11 février. Il s’est dit « effaré et indigné » et affirme avoir saisi la justice dès la prise de connaissance des faits. > « Quand j’ai pris connaissance de ces informations, j’ai fait ce que chacun aurait fait à ma place » Une enquête administrative et une procédure disciplinaire ont été lancées. Le ministre assure avoir découvert la situation mardi, soit la veille de sa déclaration. Pour la diplomatie française, l’enjeu est double : établir les responsabilités individuelles et préserver la crédibilité de l’institution. Car l’affaire touche ici à la circulation potentielle d’informations sensibles et à l’usage de réseaux diplomatiques.

Un possible volet parisien de l’affaire

En parallèle, une plainte pour des viols présumés remontant à 1990 a été déposée au parquet de Paris par une ancienne mannequin suédoise, aujourd’hui âgée de 56 ans. Elle vise Damien Siad, dont le nom apparaît près de 2 000 fois dans les trois millions de fichiers récemment déclassifiés par la justice américaine. D’après « L’Œil du 20 Heures » et « Complément d’enquête », cet ancien « chasseur de mannequins » aurait présenté plusieurs femmes à Jeffrey Epstein, dont au moins quatre Françaises. Ces révélations dessinent les contours d’un possible ancrage parisien du réseau Epstein, la capitale ayant été l’un des lieux de résidence privilégiés du financier. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a affirmé que « toute la lumière doit être faite » et encouragé les femmes concernées à « se tourner vers la justice ». Ce volet français pourrait ouvrir une séquence judiciaire distincte, avec ses propres investigations, indépendantes de la procédure américaine.

Aux États-Unis, la pression politique monte

Outre-Atlantique, le dossier continue de provoquer des remous politiques. L’ancien président Bill Clinton, ainsi que son épouse, sont assignés à comparaître devant le Congrès afin de s’expliquer sur leurs liens avec Jeffrey Epstein. Aucun acte répréhensible n’est à ce stade recensé, mais la proximité entre les deux hommes est établie. Bill Clinton doit comparaître le 27 février, sous réserve que l’audition soit publique, afin d’éviter toute instrumentalisation politique. Des élus du Congrès ont par ailleurs consulté, lundi, des documents non caviardés. Ils évoquent six noms encore occultés par le ministère américain de la Justice et menacent de les rendre publics. Sous pression, le ministère a finalement révélé l’identité de l’un d’eux : Leslie Wexner, ancien PDG de Victoria’s Secret.

Une affaire sans frontières

Depuis la mort de Jeffrey Epstein en 2019, chaque nouvelle salve de documents ravive des ramifications inattendues. Diplomates, responsables politiques, figures économiques : l’affaire met en lumière les réseaux d’influence qui gravitaient autour du financier. Ce qui se joue désormais, en France comme aux États-Unis, dépasse les responsabilités individuelles. Il s’agit de comprendre comment ces relations ont pu se nouer, se maintenir et, parfois, prospérer dans des sphères de pouvoir. 

Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.

Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."

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