Une agression mortelle en marge d’un rassemblement
Quentin Deranque est mort samedi 14 février 2026 à Lyon, deux jours après avoir été violemment agressé. Pris en charge par les secours jeudi soir, il avait été hospitalisé dans un état critique et placé dans le coma. Son décès a suscité une vive émotion bien au-delà de la ville. Selon les premiers éléments, les faits se seraient déroulés en marge d’un rassemblement lié à une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le collectif identitaire Némésis affirme que le jeune homme participait au service d’ordre encadrant une manifestation contre cet événement lorsqu’il aurait été pris à partie par des militants antifascistes. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés » et « violences aggravées ».Dimanche 15 février, il a indiqué que « plusieurs témoignages significatifs » avaient été recueillis et que les investigations s’orientaient vers l’identification des auteurs directs des violences. Une conférence de presse est prévue ce lundi 16 février 2026 dans l’après-midi.
Des accusations politiques immédiates
Avant même les conclusions de l’enquête, le débat a pris une dimension nationale. Invité du journal de 20 heures de France 2 dimanche soir, le ministre de l’Intérieur a estimé que « manifestement, l’ultragauche » était « à la manœuvre », évoquant notamment la possible implication du groupe antifasciste La Jeune Garde. Dans la foulée, plusieurs responsables de droite et d’extrême droite ont accusé des « milices d’extrême gauche » d’être responsables du drame. Le Rassemblement national a demandé leur qualification comme organisations terroristes. Ces prises de position ont été suivies d’actes de vandalisme visant des permanences de campagne LFI à Metz et à Lille, illustrant un climat déjà très tendu.La Jeune Garde au cœur des soupçons
La Jeune Garde est un collectif antifasciste actif dans plusieurs villes françaises. Il est régulièrement présent lors de mobilisations contre des événements ou figures identifiées à la droite radicale. Le député LFI Raphaël Arnault, cofondateur du groupe, a exprimé samedi son « horreur et dégoût » après l’annonce du décès, appelant à ce que « toute la lumière soit faite ». Un de ses collaborateurs parlementaires, mis en cause par le collectif Némésis, « dément formellement être responsable de ce drame » et s’est retiré de ses fonctions le temps de l’enquête, selon son avocat. Ce lundi, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé la suspension à titre conservatoire des droits d’accès de ce collaborateur à l’enceinte de l’Assemblée, afin de prévenir tout trouble à l’ordre public.Appels au calme et bataille des récits
Le président Emmanuel Macron a appelé samedi « au calme, à la retenue et au respect », souhaitant que les auteurs de « cette ignominie » soient condamnés. Il a également dénoncé dimanche certaines « expressions antisémites » venant, selon lui, d’un parti situé « à l’extrême gauche ». De son côté, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « tous les récits » diffusés dans les heures suivant le drame, affirmant qu’ils « n’ont aucun rapport avec la réalité ». Le leader des Insoumis a exprimé la « sidération » et la « compassion » de son mouvement. En quelques jours, l’affaire est ainsi devenue un point de cristallisation politique, où chaque camp tente d’imposer sa lecture des faits avant même les conclusions judiciaires.Une spirale de tensions ?
Au-delà de l’enquête, la mort de Quentin Deranque pose la question du climat autour de certaines mobilisations étudiantes et politiques. Les confrontations entre groupes antagonistes ne sont pas nouvelles, mais leur intensité semble franchir un seuil. L’enjeu, désormais, est double : établir précisément les responsabilités pénales et éviter que ce drame ne serve de déclencheur à une escalade. Les annonces attendues du parquet ce lundi 16 février 2026 pourraient marquer une étape clé.Les experts invités dans C dans l’air
Pour décrypter les faits, analyser le contexte politique et comprendre les enjeux judiciaires, l’émission réunit plusieurs spécialistes :- Christophe Barbier – Éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur
- Nathalie Mauret – Reporter politique au sein du groupe de presse régionale Ebra
- Damien Delseny – Rédacteur en chef adjoint chargé du service police-justice au Parisien
- Jérôme Fourquet – Directeur du département Opinion à l’IFOP, auteur de Métamorphoses françaises
Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.





















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