Un conflit qui s’installe dans la durée
Cinq jours après le début des hostilités, l’armée israélienne poursuit ses frappes sur l’Iran tout en intensifiant ses bombardements au Liban. De leur côté, les États-Unis affirment avoir visé « près de 2 000 » cibles depuis samedi. Face à cette pression militaire massive, la République islamique riposte. Des drones ont visé des ambassades américaines dans la région, des pays du Golfe alliés de Washington et des navires dans le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution assurent en contrôler totalement l’espace ce mercredi. À Téhéran, le pouvoir tente de maintenir l’unité. L’hommage national prévu pour Ali Khamenei a été reporté après des frappes visant notamment l’Assemblée des experts, organe clé dans la désignation du guide suprême. Un symbole fort, qui souligne la vulnérabilité du régime.Chypre, nouvelle ligne de front indirecte
Le conflit a pris une dimension inattendue en Méditerranée orientale. Un missile balistique a traversé l’espace aérien turc avant d’être intercepté par les systèmes de défense de l’OTAN. Ankara précise ne pas avoir été visée, évoquant une trajectoire déviée vers une base militaire à Chypre. L’île, membre de l’Union européenne, se retrouve ainsi exposée. Des drones iraniens ont ciblé une base britannique, peu après que le Premier ministre Keir Starmer a autorisé Washington à utiliser les installations britanniques dans le cadre de sa campagne militaire. Chypre devient ainsi un point stratégique : plateforme logistique pour les alliés occidentaux, mais aussi cible potentielle des représailles iraniennes. Une évolution qui change l’équilibre régional.La France renforce sa présence militaire
Paris ajuste son dispositif. Emmanuel Macron a annoncé que le porte-avions Charles-de-Gaulle faisait route vers la Méditerranée. La frégate Languedoc est déjà positionnée au large de Chypre et des moyens supplémentaires de défense antiaérienne doivent être déployés. Le rapatriement des ressortissants français a débuté. La France affiche une posture de protection, mais aussi de dissuasion. Le chef de l’État s’est également entretenu avec Pedro Sánchez, alors que Donald Trump menace de suspendre les accords commerciaux avec l’Espagne. En cause : le refus de Madrid d’ouvrir ses bases andalouses à de nouvelles opérations américaines contre l’Iran. Dans une allocution, le Premier ministre espagnol a déclaré :« Non à la guerre ! Non à la faillite du droit international. Non à l’idée que le monde ne puisse résoudre ses problèmes qu’à coups de bombes. »Un désaccord transatlantique qui fragilise davantage le front occidental.
Dissuasion nucléaire : un enjeu en arrière-plan
L’émission s’intéresse également à la stratégie française de « dissuasion nucléaire avancée ». Les journalistes ont pu accéder à la base aérienne d’Istres, qui abrite une composante de l’arsenal nucléaire français. Dans un contexte d’escalade régionale, la question n’est plus théorique. Quels pays bénéficient de la protection stratégique française ? Jusqu’où Paris est-il prêt à s’engager ? L’équilibre repose désormais sur une ligne fine : montrer sa capacité de réponse sans franchir un seuil irréversible.Un conflit aux répercussions mondiales
Au-delà des opérations militaires, cette guerre révèle des fractures plus larges : tensions entre alliés, fragilisation du droit international, militarisation accrue de la Méditerranée orientale. La question centrale demeure : combien de temps le régime iranien peut-il tenir sous cette pression combinée ? Mais une autre interrogation émerge : jusqu’où les puissances occidentales accepteront-elles d’aller sans provoquer un embrasement plus large ?Dans C dans l'air, les experts réunis — du général Dominique Trinquand à la correspondante de CNN Melissa Bell, en passant par le politologue David Rigoulet-Roze — analysent un conflit qui dépasse désormais largement le face-à-face initial. Ce cinquième jour marque peut-être un tournant : celui d’une guerre régionale aux implications européennes directes.
Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.




















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