Un marché de l’énergie sous pression mondiale
La guerre au Moyen-Orient continue de peser lourdement sur les équilibres énergétiques. En première ligne, l’Asie dépend fortement du détroit d’Ormuz pour ses approvisionnements en pétrole et en gaz, aujourd’hui fragilisés.Dans plusieurs pays, la situation a déjà conduit à des mesures d’urgence : rationnement du carburant, semaine de travail réduite, télétravail généralisé ou encore limitation de la climatisation.
Au Sri Lanka, les autorités alertent même sur des réserves limitées à environ six semaines, signe d’une tension immédiate et concrète.
En France, un débat politique sous tension
Des mots forts… puis nuancés
Mardi 24 mars 2026, le ministre de l’Économie Roland Lescure évoque devant l’Assemblée nationale « un nouveau choc pétrolier », pointant le risque d’une crise plus large si la situation s’inscrit dans la durée.Mais dès le lendemain, il revient sur ses propos, précisant que cette expression concernait la situation internationale, et non la France.
Ce réajustement illustre la prudence du gouvernement face à un sujet sensible, alors que les conséquences économiques restent incertaines.
Des réponses jugées insuffisantes sur le terrain
De son côté, le Premier ministre écarte toute mesure globale pour contenir la hausse des prix de l’énergie, estimant qu’elle reviendrait à soutenir indirectement des économies fossiles étrangères.Le gouvernement privilégie des aides ciblées, notamment pour les transporteurs et les pêcheurs.
Sur le terrain, ces derniers dénoncent pourtant des dispositifs insuffisants face à une hausse du carburant estimée à 80 %, qui pèse directement sur leurs revenus.
De nouvelles annonces sont attendues lundi, dans un contexte où la pression sociale pourrait s’accentuer.
Un risque de crise systémique ?
Pour certains économistes, la situation dépasse le simple épisode de tension énergétique. Richard Bookstaber, connu pour avoir anticipé la crise financière de 2008, alerte sur un possible enchaînement de déséquilibres à l’échelle mondiale.Son analyse met en lumière une économie globalisée particulièrement vulnérable aux chocs énergétiques prolongés.
Dans l’histoire récente, les crises pétrolières ont souvent marqué des tournants durables. La question reste donc ouverte : assiste-t-on à une secousse passagère ou aux prémices d’un cycle plus profond ?
Autour de cette interrogation, les experts réunis dans C dans l’air apportent des éclairages complémentaires, entre géopolitique, économie et stratégies d’adaptation.
Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.
















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