C dans l’air du lundi 16 mars 2026 : ce que révèle le premier tour des municipales 2026

Publié le lundi 16 mars 2026 à 16h43 5 min
Le premier tour des élections municipales, organisé le dimanche 15 mars 2026, a été marqué par une participation historiquement basse et par de nouveaux équilibres politiques locaux. Entre progression du Rassemblement national, percées de La France insoumise et tensions sur les alliances à gauche, l’entre‑deux‑tours s’annonce particulièrement stratégique.
C dans l’air du lundi 16 mars 2026 : ce que révèle le premier tour des municipales 2026
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Une abstention historique pour un scrutin municipal

Plus de 50 millions de Français étaient appelés aux urnes dimanche 15 mars pour élire leurs maires. Mais la participation a été nettement inférieure aux attentes.
Selon les premières estimations des instituts de sondage, entre 41,5 % et 44 % des électeurs inscrits ne se sont pas déplacés. Un niveau inédit pour des municipales hors période de crise sanitaire.
À titre de comparaison, lors du précédent scrutin municipal « classique » en 2014, l’abstention n’avait pas dépassé 36,6 %. Cette baisse de la participation interroge les observateurs sur le rapport des électeurs aux scrutins locaux et sur la dynamique politique actuelle.
Pour les analystes, ce niveau d’abstention pourrait peser sur la lecture des résultats et sur la légitimité politique des futurs exécutifs municipaux.

Le RN consolide ses positions locales

Au-delà de la participation, les premiers résultats montrent une progression de l’implantation locale du Rassemblement national.
Le parti conserve plusieurs mairies importantes, notamment Hénin‑Beaumont et Perpignan, tout en enregistrant des avancées dans plusieurs villes. À Marseille, la liste menée par Franck Allisio menace directement le maire sortant Benoît Payan.
Dimanche soir, le président du RN a également appelé à un rapprochement avec la droite afin de l’emporter au second tour.
Cette stratégie de convergence électorale s’inscrit dans un contexte où certaines villes pourraient se jouer sur des reports de voix entre les deux camps.

À droite, Bruno Retailleau appelle au rassemblement

Du côté des Républicains, Bruno Retailleau a lancé un appel à « un grand rassemblement de la droite » pour le second tour.
Le patron de LR, engagé depuis un mois dans la course à l’élection présidentielle, a réaffirmé sa ligne politique en appelant à ne donner « aucune voix à LFI ».
Il a également élargi cette consigne aux listes socialistes, écologistes ou communistes alliées avec La France insoumise.
Cette position traduit les tensions croissantes autour de la stratégie d’alliances à l’approche de 2027, alors que les municipales servent souvent de test pour les équilibres politiques nationaux.

À gauche, la question des alliances au cœur de l’entre‑deux‑tours

La gauche apparaît à la fois solide localement et traversée par des désaccords stratégiques.
Le Parti socialiste, allié aux écologistes et au Parti communiste dans plusieurs villes, revendique la réélection de 350 maires socialistes et se trouve en position de conserver plusieurs grandes municipalités.
Dans le même temps, La France insoumise enregistre des progressions marquées. Le mouvement a remporté dès le premier tour la ville de Saint‑Denis et se retrouve en position d’arbitre dans plusieurs grandes villes comme Roubaix, Limoges, Toulouse ou Lille.
Sur les réseaux sociaux, Jean‑Luc Mélenchon s’est félicité d’une « magnifique percée », tandis que le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a appelé à constituer « un front antifasciste » au second tour face à la droite et à l’extrême droite.

Des discussions locales qui s’annoncent décisives

Malgré ces résultats, les alliances restent incertaines. Olivier Faure a salué les succès du PS tout en réaffirmant son refus d’un accord national avec LFI, sans exclure des arrangements locaux.
De son côté, Marine Tondelier, à la tête des Écologistes, plaide pour des rassemblements visant à battre la droite et le RN, tandis que Raphaël Glucksmann refuse toute alliance avec le mouvement de Jean‑Luc Mélenchon.
Dans plusieurs villes, les négociations entre listes ont commencé dès dimanche soir. Elles devront aboutir avant mardi, date limite de dépôt des listes pour le second tour.

Marseille, symbole des équilibres à venir

Parmi les villes particulièrement scrutées, Marseille concentre toutes les attentions.
La deuxième ville de France illustre les tensions de ce scrutin : un maire sortant soutenu par une coalition de gauche, Benoît Payan, et une dynamique du RN incarnée par Franck Allisio.
Le résultat final dépendra largement des fusions de listes et des reports de voix dans l’entre‑deux‑tours.
Plus largement, ce premier tour dessine déjà plusieurs tendances politiques : montée de certaines forces, fragmentation de la gauche et débats stratégiques à droite.
À un an de l’élection présidentielle, ces municipales pourraient bien servir de révélateur des rapports de force qui se construisent à l’échelle nationale.

Les invités de l’émission

  • Jérôme Jaffré – Politologue et chercheur associé au CEVIPOF
  • Brice Teinturier – Directeur général délégué de l’institut de sondages Ipsos‑BVA
  • Cécile Cornudet – Éditorialiste politique aux Échos
  • Soazig Quemener – Rédactrice en chef à La Tribune Dimanche
Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.
Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."

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