Un marché sous tension après les menaces sur Ormuz
Les cours du pétrole ont nettement progressé après les déclarations de la Maison-Blanche évoquant un possible blocage prolongé du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, essentiel pour l’approvisionnement mondial, cristallise les inquiétudes des marchés.Résultat immédiat : les prix à la pompe augmentent, avec des répercussions directes pour les ménages. Mais dans le même temps, certains acteurs du secteur énergétique profitent pleinement de cette hausse.
Des profits en forte hausse pour les groupes pétroliers
Selon Greenpeace, les grands groupes européens auraient accumulé plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début du conflit en Iran.TotalEnergies en est un exemple marquant, avec un bénéfice net trimestriel de 5,8 milliards de dollars, en progression de 51 % sur un an. Son PDG, Patrick Pouyanné, assume cette performance et met en avant la capacité du groupe à tirer parti de la hausse des prix.
Un débat relancé sur les « superprofits »
Ces résultats relancent les discussions autour d’une taxation des bénéfices exceptionnels. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a ainsi invité TotalEnergies à redistribuer une partie de ces gains.De son côté, l’entreprise met en avant les mesures déjà prises, notamment le plafonnement des prix à la pompe instauré depuis février et prolongé face à la crise.
Sur le plan politique, le Parti socialiste propose une surtaxe de 20 % sur ces profits, avec l’objectif de générer environ 2 milliards d’euros de recettes annuelles pour l’État.
Une question désormais européenne
Au-delà de la France, plusieurs pays européens — dont l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, l’Autriche et le Portugal — souhaitent une réponse coordonnée à l’échelle de l’Union européenne.L’idée : mettre en place une taxation des surprofits énergétiques pour soutenir les consommateurs face à la hausse des prix. Pour l’instant, la position française reste en attente.
Les États-Unis et l’industrie de défense en première ligne
Outre-Atlantique, certains territoires comme le Texas bénéficient directement de la situation, avec des exportations de pétrole à des niveaux élevés.Dans le même temps, l’industrie de défense américaine enregistre une hausse de ses commandes. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte international marqué par plusieurs foyers de tensions, incitant de nombreux pays à renforcer leurs capacités militaires.
L’Allemagne, notamment, a engagé 100 milliards d’euros pour moderniser sa défense, ce qui soutient fortement son industrie de l’armement.
Une inflation qui pèse sur le quotidien
Malgré ces dynamiques favorables à certains secteurs, l’économie mondiale reste sous pression. En France, l’inflation atteint 2,2 % sur un an en avril.Certains produits alimentaires, comme le poisson, voient leurs prix grimper fortement, en raison notamment de la hausse des coûts liés au carburant et des difficultés d’approvisionnement.
Les invités de l’émission
Philippe Dessertine, économiste et directeur de l’Institut de Haute Finance ; Gaëlle Macke, directrice déléguée de la rédaction de Challenges ; Stéphanie Villers, économiste au cabinet PwC ; Thomas Porcher, économiste et professeur à la Paris School of Business.Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.





















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