C dans l’air : pourquoi Macron veut reparler à Poutine (jeudi 5 février 2026)

Publié le jeudi 5 février 2026 à 17h20 5 min
Alors que la guerre en Ukraine s’enlise et que les négociations patinent, Emmanuel Macron prépare une reprise du dialogue avec Vladimir Poutine. Une initiative qui interroge, au moment même où la Russie accentue sa pression militaire sur le terrain.
C dans l’air : pourquoi Macron veut reparler à Poutine (jeudi 5 février 2026)

Des discussions diplomatiques sous tension à Abou Dhabi

Le nouveau round de discussions internationales sur l’Ukraine s’est achevé ce jeudi 5 février 2026 à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Moscou évoque des « progrès », sans en préciser la nature, si ce n’est un accord limité sur un échange de prisonniers. Sur le fond, les positions restent figées. La Russie maintient ses exigences territoriales, notamment sur le Donetsk, tandis que les combats s’intensifient. Dans la nuit de lundi à mardi, l’Ukraine a subi l’attaque de drones et de missiles la plus massive depuis le début de l’année, plongeant des centaines de milliers de civils dans le froid, en plein hiver.

Une stratégie russe qui inquiète les observateurs

Les négociations avancent-elles réellement ou servent-elles surtout à gagner du temps ? Sur le terrain, les chiffres interpellent. En janvier, l’armée russe aurait conquis 481 km² supplémentaires, soit presque le double du mois précédent, avec des avancées concentrées dans le Donbass. Sur le plateau de C dans l’air, le journaliste Régis Genté livrait une lecture prudente de la situation :
« Vladimir Poutine joue la montre, mais l’Ukraine aussi encore, en espérant qu’une aide militaire interviendra. »
De retour de Kiev, il évoquait une population éprouvée mais toujours déterminée, malgré des frappes ciblant de plus en plus les infrastructures énergétiques.

L’Europe se réarme, Macron prépare le dialogue

Face à cette impasse, l’Union européenne tente de consolider son soutien à Kiev. Mercredi, les Vingt-Sept ont ouvert la voie à davantage d’achats d’armes britanniques, dans le cadre d’un prêt de 90 milliards d’euros porté par 24 pays européens. Dans le même temps, Emmanuel Macron a surpris en annonçant que la reprise du dialogue avec Vladimir Poutine se prépare, en concertation avec Volodymyr Zelensky. Le chef de l’État justifie cette initiative par le « travail de la coalition des volontaires pour les garanties de sécurité », estimant qu’il est désormais « important que les Européens restaurent leurs propres canaux de discussion ». Un positionnement délicat, qui marque la volonté française de peser diplomatiquement, sans pour autant renoncer au soutien militaire à l’Ukraine.

L’ombre du “kompromat” et l’affaire Epstein

Autre sujet abordé dans l’émission : la décision de la Pologne d’ouvrir une enquête sur d’éventuels liens entre Jeffrey Epstein et la Russie. Le Premier ministre Donald Tusk affirme que de nombreux indices laissent penser à une implication des services de renseignement russes dans ce vaste scandale. Selon lui, Epstein aurait pu être au cœur d’un système de chantage visant des personnalités influentes, une méthode connue sous le nom de « kompromat », historiquement utilisée par le pouvoir russe. Les victimes, souvent originaires d’Europe de l’Est, auraient pu servir de leviers de pression à leur insu.

Une séquence diplomatique aux multiples enjeux

Entre négociations fragiles, intensification militaire et soupçons d’ingérences, la situation internationale reste extrêmement instable. La volonté de Paris de renouer le dialogue avec Moscou soulève une question centrale : s’agit-il d’un levier diplomatique indispensable ou d’un pari risqué face à un Kremlin qui avance sur le terrain ? Une chose est sûre : à l’heure où l’Europe cherche sa voix, chaque geste diplomatique est scruté de près, autant à Kiev qu’à Moscou.

Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.

Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."

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