Complément d’enquête : Tristan Waleckx dément Rachida Dati sous serment

Publié le vendredi 13 février 2026 à 11h07     4 min
Entendu par la commission sur la neutralité du service public, Tristan Waleckx a fermement rejeté les accusations de Rachida Dati. La ministre de la Culture affirme qu’un proche aurait été approché contre rémunération. Les journalistes contestent catégoriquement.
Complément d’enquête : Tristan Waleckx dément Rachida Dati sous serment

Une accusation lancée devant les députés

La tension est montée d’un cran autour de Complément d’enquête. Jeudi 5 février, devant la commission d’enquête sur la neutralité du service public, Rachida Dati a affirmé qu’un proche aurait été sollicité par l’émission de France 2 via un tiers, avec une promesse de rémunération en échange d’informations à charge. Sous serment, la ministre de la Culture a assuré que « des échanges » avaient bien eu lieu. Elle a toutefois refusé de transmettre les éléments évoqués, expliquant vouloir protéger ce tiers. Elle a précisé qu’elle pourrait les produire dans le cadre d’une éventuelle procédure judiciaire. Ces déclarations visaient directement l’équipe ayant réalisé l’enquête consacrée à la candidate à la mairie de Paris, diffusée en juin 2025.

La réponse ferme de Tristan Waleckx

Entendu à son tour jeudi 12 février, Tristan Waleckx a été interrogé dès l’ouverture de son audition. Sa réponse a été sans ambiguïté :
« Nous n’avons évidemment pas donné ou proposé d’argent à quiconque dans l’entourage de Madame Dati, fusse par un tiers. Je démens cela catégoriquement et sous serment. »
Le présentateur et rédacteur en chef de l’émission d’investigation a rappelé la rigueur des méthodes employées, soulignant déjà par le passé la complexité de cette enquête.

Le journaliste mis en cause sort du silence

Louis Milano-Dupont, directement cité par la ministre, a lui aussi réfuté les accusations :
« Jamais je n’ai monnayé un témoignage ni même tenté de monnayer un témoignage. C’est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires. »
Il a ajouté n’avoir « jamais fait appel à un tiers » pour obtenir un témoignage dans le cadre de ce reportage. Le journaliste a également révélé avoir reçu récemment un mail d’un « proche de Madame Dati » affirmant que l’émission ne lui avait jamais proposé d’argent. Selon lui, l’auteur du message l’a autorisé à en faire état devant la commission.

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Des échanges bientôt examinés ?

La commission a demandé à Louis Milano-Dupont de transmettre ce mail. Elle sollicitera également Rachida Dati afin d’obtenir les messages qu’elle dit détenir. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a rappelé que toute fausse déclaration sous serment pourrait entraîner des poursuites pour parjure. Au-delà de l’affrontement personnel, l’enjeu dépasse les protagonistes. Complément d’enquête incarne depuis plus de vingt ans une certaine idée de l’investigation sur le service public. La crédibilité de ses méthodes est au cœur de sa relation avec les téléspectateurs.

Cette séquence place désormais la commission face à un rôle d’arbitre. Si des preuves sont produites, elles pourraient peser sur l’image de l’émission. À défaut, c’est la parole politique qui sera interrogée. Dans un contexte où la neutralité du service public audiovisuel est scrutée de près, l’issue de cet épisode pourrait marquer un tournant dans les rapports entre responsables politiques et journalistes d’investigation.
Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."
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