Coupe du monde 2026 : BeIN Sports raffle les droits face à Ligue 1+
Alors qu’un accord semblait acquis entre la Fifa et Ligue 1+, BeIN Sports a finalement récupéré les droits de diffusion des Coupes du monde 2026 et 2030 en France. Un retournement qui fragilise un peu plus la stratégie audiovisuelle de la Ligue.
Un accord renversé à la dernière minute
C’est un coup de théâtre dans le paysage des droits TV. Selon plusieurs sources proches du dossier,
BeIN Sports diffusera en France l’intégralité des matches de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Pourtant, la plateforme
Ligue 1+ pensait tenir son accord avec la Fifa. Sa filiale commerciale, LFP Media, avait signé un contrat avoisinant les 20 millions d’euros, dans l’attente d’une validation par l’instance mondiale — perçue alors comme une simple formalité. Finalement, la chaîne franco-qatarienne, déjà détentrice des droits depuis 2012, a repris la main. Selon
L’Équipe, elle aurait trouvé un terrain d’entente non seulement pour 2026, mais aussi pour l’édition 2030.
Un revers stratégique pour la LFP
Du côté de la Ligue de football professionnel, la déception est palpable. « Ce n’est pas une bonne nouvelle pour Ligue 1+ et il faudra en tirer les conséquences », a-t-on confié en interne. Un conseil d’administration a été convoqué en urgence ce mercredi à 15h30 pour évaluer les suites à donner. L’enjeu dépasse la seule Coupe du monde : il touche à la crédibilité et à l’ambition du projet Ligue 1+, pensé comme un levier stratégique dans la bataille des droits sportifs.
« Ce n’est pas une bonne nouvelle pour Ligue 1+ et il faudra en tirer les conséquences »
Des relations déjà sous tension
Ce nouvel épisode intervient dans un climat tendu entre la LFP et Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG et de BeIN Media Group, également membre du conseil d’administration de la Ligue. Fin janvier, le Tribunal des activités économiques de Paris a contraint BeIN à verser plus de 14 millions d’euros à LFP Media dans un litige lié au neuvième match de Ligue 1. Quelques jours plus tôt, le 14 janvier, la cour d’appel de Paris avait débouté BeIN et Canal+ dans une autre procédure portant sur les droits TV, pour un montant revendiqué d’environ 660 millions d’euros. Dans ce contexte, la récupération des droits de la Coupe du monde par BeIN apparaît comme un signal fort. La chaîne consolide sa position historique sur la compétition reine du football, tandis que la LFP voit s’éloigner une vitrine internationale qui aurait renforcé sa plateforme.
Quel impact pour les téléspectateurs ?
Pour le public français, la conséquence est claire : l’intégralité du Mondial 2026 sera diffusée sur BeIN Sports, comme lors des précédentes éditions. Mais pour Ligue 1+, l’épisode soulève une question plus large : comment exister durablement face à des acteurs installés et puissants sur le marché des droits sportifs ? À l’heure où la valeur des compétitions se négocie au millimètre, chaque revers peut peser lourd dans la construction d’un modèle économique. La Coupe du monde reste un symbole. En perdre la diffusion, c’est aussi perdre une opportunité de visibilité majeure. Reste à savoir quelles décisions émergeront du conseil d’administration convoqué en urgence — et si la stratégie audiovisuelle de la Ligue sera ajustée dans les prochaines semaines.
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