Un destin forgé très tôt à Modène
Né en 1898 à Modène, au cœur d’une région déjà marquée par l’industrie mécanique, Enzo Ferrari se passionne très jeune pour les moteurs et la compétition. Cette fascination pour la vitesse l’amène rapidement sur les circuits. Au début des années 1920, il devient pilote pour Alfa Romeo. Mais derrière le volant, c’est surtout sa vision et son sens stratégique qui vont marquer les esprits. Enzo Ferrari comprend vite que la course automobile peut devenir bien plus qu’un sport : un véritable laboratoire pour créer une marque. Dans le documentaire, l’ancien pilote de Formule 1 Jacky Ickx résume l’aura de Ferrari :« Ferrari, c’est comme Coca-Cola ou McDonald’s : tout le monde connaît la marque. C’est une belle histoire, et les gens aiment les belles histoires. »
La naissance de la Scuderia Ferrari
Le parcours d’Enzo Ferrari est aussi marqué par des épreuves personnelles. La mort de son père, alors qu’il n’a que 18 ans, marque profondément le jeune homme. Après la Première Guerre mondiale, il tente d’entrer chez Fiat, mais sa candidature est refusée. Il poursuit finalement son aventure chez Alfa Romeo, où il dirige pendant près de vingt‑cinq ans le département compétition. Une expérience déterminante qui le prépare à franchir une étape décisive. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Enzo Ferrari fonde sa propre écurie et développe le moteur V12 qui deviendra l’une des signatures techniques de la marque. La Scuderia Ferrari est née. Son fils, Piero Ferrari, rappelle dans le documentaire l’autorité du fondateur : « C’est mon père qui décidait de tout. Lui seul, toujours. »Le cheval cabré et l’entrée en Formule 1
C’est également Enzo Ferrari qui choisit plusieurs symboles fondateurs de la marque : le célèbre cheval cabré inspiré de l’aviateur italien Francesco Baracca, la production de voitures de série dès 1948 et l’engagement en Formule 1 en 1950, année de création du championnat. Depuis, Ferrari est devenue l’écurie la plus titrée de l’histoire de la discipline et la seule présente depuis ses débuts.Des témoignages au cœur de la légende Ferrari
Le documentaire de Canal+ donne la parole à de nombreuses figures qui ont participé à cette histoire. Des pilotes emblématiques comme Jacky Ickx, Alain Prost, Jean Alesi, Lewis Hamilton ou Charles Leclerc évoquent leur relation avec la marque. Les dirigeants qui ont façonné Ferrari en Formule 1 interviennent également, parmi lesquels Luca di Montezemolo, Jean Todt ou l’actuel directeur de la Scuderia, Frédéric Vasseur. Au fil des épisodes, la série explore aussi la dimension presque mythologique de Ferrari dans l’imaginaire collectif. Le réalisateur Claude Lelouch, passionné d’automobile, compare la marque à une œuvre d’art :« Ferrari, c’est la Joconde de l’automobile. Quand on prend le volant d’une Ferrari, ce n’est pas pour aller d’un endroit à un autre : c’est pour conduire. »
Une marque devenue symbole mondial
Au-delà des circuits, Ferrari a su cultiver une image unique. Dès les années 1960, Enzo Ferrari comprend l’importance de l’aura médiatique et s’entoure de personnalités influentes pour promouvoir ses modèles. Steve McQueen, Audrey Hepburn, Paul Newman, Mick Jagger, Alain Delon ou encore Jean‑Paul Belmondo ont ainsi contribué à entretenir cette fascination autour du cheval cabré. Le documentaire rappelle aussi la valeur exceptionnelle de certains modèles. La Ferrari 250 GTO, produite à seulement 36 exemplaires, reste l’un des objets les plus convoités du monde automobile : l’un des modèles de 1962 a été vendu 52 millions de dollars chez Sotheby’s en 2023.En retraçant ce parcours, Canal+ montre comment une passion personnelle est devenue une icône mondiale. Plus qu’un constructeur, Ferrari incarne aujourd’hui une culture et un imaginaire qui dépassent largement l’automobile. Le récit d’Enzo Ferrari rappelle ainsi que derrière la légende se trouve d’abord l’histoire d’un homme et d’une vision.


















Vos avis