Une Palme d’or qui prolonge le parcours de Cristian Mungiu
La 79e édition du Festival de Cannes s’est achevée sur la Croisette avec la remise de la Palme d’or à “Fjord”, réalisé par Cristian Mungiu. Le cinéaste roumain, déjà récompensé en 2007, s’inscrit une nouvelle fois dans l’histoire du festival.Dans ce drame, Renate Reinsve et Sebastian Stan incarnent un couple confronté à de lourds soupçons après la découverte de marques sur leur fille. Le film interroge les jugements hâtifs et les tensions sociales contemporaines.
« Les sociétés aujourd’hui sont fracturées, radicalisées. Ce film, c’est un engagement contre toute forme d’intégrisme »À travers ce choix, le jury présidé par Chan-wook Park semble avoir privilégié une œuvre en prise directe avec les préoccupations actuelles, où l’intime rejoint le politique.
Des prix d’interprétation partagés et remarqués
Cette année, les distinctions d’interprétation ont mis en avant des duos. Virginie Efira et Tao Okamoto ont été récompensées pour “Soudain” de Ryusuke Hamaguchi, tandis qu’Emmanuel Macchia et Valentin Campagne ont été distingués pour “Coward” de Lukas Dhont.Sur scène, Virginie Efira, très émue, a salué ses partenaires et le réalisateur japonais, dans un moment de sincérité qui a marqué la cérémonie diffusée sur France 2.
Ce choix de récompenser des performances collectives reflète une tendance observée ces dernières années : valoriser la dynamique de jeu plutôt que la seule performance individuelle.
Une cérémonie maîtrisée, entre cinéma et prises de parole
Animée par Eye Haïdara, la soirée a trouvé un équilibre entre célébration du cinéma et rappel discret des tensions qui ont traversé cette édition.En toile de fond, une pétition signée par des milliers d’artistes dénonçant l’influence de Vincent Bolloré sur le secteur, ainsi que des menaces de boycott, ont alimenté les discussions sur la Croisette.
La maîtresse de cérémonie a toutefois recentré l’attention sur les films, évoquant « nos passions françaises » et invitant à laisser les œuvres s’exprimer le temps d’une soirée.
Des récompenses qui dessinent une ligne éditoriale
Parmi les autres temps forts, Marie-Clémentine Dusabejambode a reçu la Caméra d’Or pour “Ben’imana”, saluant ainsi une nouvelle voix du cinéma international.Isabelle Huppert a également remis une Palme d’honneur à distance à Barbra Streisand, absente pour raisons de santé.
Au-delà des prix, ce palmarès dessine une orientation claire : celle d’un cinéma ouvert sur le monde, attentif aux fractures sociales et aux récits intimes qui les traversent.
Une ligne qui pourrait bien influencer les attentes du public dans les mois à venir, à mesure que ces films arriveront en salles et rencontreront leur audience.
Cannes 2026 : palmarès complet du Festival
| Prix | Œuvre | Réalisateur(s) |
|---|---|---|
| Palme d'or | Fjord | Cristian Mungiu |
| Grand Prix | Minotaure | Andreï Zviaguintsev |
| Prix de la Mise en Scène (ex-æquo) | La Bola Negra | Javier Calvo & Javier Ambrossi |
| Prix de la Mise en Scène (ex-æquo) | Fatherland | Pawel Pawlikowski |
| Prix du Scénario | Notre Salut | Emmanuel Marre |
| Prix du Jury | Das Geträumte Abenteuer | Valeska Grisebach |
| Prix d'interprétation Féminine | Soudain | Hamaguchi Ryusuke |
| Prix d'interprétation Masculine | Coward | Lukas Dhont |
| Palme d'or du Court Métrage | Para los Contrincantes | Federico Luis |
| Prix Un Certain Regard | Everytime | Sandra Wollner |
| Prix du Jury Un Certain Regard (1er film) | Les Éléphants dans la Brume | Abinash Bikram Shah |
| Prix Spécial du Jury Un Certain Regard | Le Corset | Louis Clichy |
| Meilleur Acteur Un Certain Regard | Congo Boy | Rafiki Fariala |
| Meilleures Actrices Un Certain Regard | Siempre Soy Tu Animal Materno | Valentina Maurel |
| Caméra d'or | Ben'imana | Marie-Clémentine Dusabejambo |
| La Cinef - Premier Prix | Laser-Gato (Laser-Cat) | Lucas Acher |
| La Cinef - Deuxième Prix | Silent Voices | Nadine Misong Jin |
| La Cinef - Troisième Prix (ex-æquo) | Aldrig Nok (Jamais assez) | Julius Lagoutte Larsen |

















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