Gisèle Pelicot prend la parole dans La Grande Librairie d'Augustin Trapenard sur France 5

Publié le mercredi 11 février 2026 à 17h44 6 min
Avant la sortie de ses Mémoires, la figure du procès de Mazan s’exprime pour la première fois à la télévision, ce 11 février sur France 5. Une parole attendue, dans un moment charnière du débat sur les violences sexuelles.
Gisèle Pelicot prend la parole dans La Grande Librairie d'Augustin Trapenard sur France 5
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Un témoignage rare, au cœur d’un moment historique

Depuis l’ouverture du procès des viols de Mazan, le 2 septembre 2024, Gisèle Pelicot est devenue malgré elle un visage de la lutte contre les violences sexuelles. Son histoire, révélée devant la cour, a profondément marqué l’opinion publique en France et au-delà. Ce mercredi 11 février à 21h05, elle a choisi La Grande Librairie pour s’exprimer pour la première fois à la télévision. Un choix fort : celui d’un plateau consacré aux livres et aux idées, à quelques jours de la parution de ses Mémoires, Et la joie de vivre (Flammarion), coécrits avec la journaliste et romancière Judith Perrignon, attendus le 17 février. Dans cet ouvrage, elle revient sur son enfance dans la France des années 1950, son mariage, et la découverte progressive des viols qu’elle subissait à son insu. Un récit personnel qui dépasse le cadre judiciaire pour interroger toute une société.

“Que la honte change de camp”

Le livre se présente comme le parcours d’une femme confrontée à l’impensable, mais déterminée à ne pas se laisser définir uniquement par la violence subie. Gisèle Pelicot y revendique un choix : continuer à croire à la joie, à la vie, à l’amour. Cette démarche résonne avec une phrase devenue centrale dans les mobilisations féministes : que la honte change de camp. En prenant la parole publiquement, elle déplace le regard. Elle ne se cache plus ; elle raconte. Son intervention dans l’émission d’Augustin Trapenard s’inscrit dans cette logique : faire de son histoire un levier collectif. La télévision devient ici un prolongement du livre, et non un simple passage promotionnel.

Un débat d’idées pour comprendre l’impact du procès

Autour d’elle, quatre intellectuelles viendront éclairer les enjeux de l’affaire.

Michelle Perrot : inscrire l’événement dans l’histoire

L’historienne, spécialiste reconnue de l’histoire des femmes, apportera un recul précieux. À partir de quand un procès devient-il un tournant historique ? Comment l’affaire Pelicot s’inscrit-elle dans la longue chronologie des combats féministes ? Son analyse permettra de replacer l’émotion dans le temps long.

Camille Froidevaux-Metterie : la responsabilité des hommes

La philosophe, dont la tribune publiée le 19 septembre 2024 dans Le Monde a suscité de vifs échanges, interroge la place des hommes dans la perpétuation des violences. Elle y appelait à transformer la honte en engagement concret. Un débat qui dépasse largement le cadre du tribunal.

Manon Garcia : vivre avec les hommes ?

Dans Vivre avec les hommes (Climats), Manon Garcia raconte avoir assisté au procès à l’automne 2024. Elle y analyse les mécanismes de la masculinité toxique et pose une question vertigineuse : les relations entre femmes et hommes peuvent-elles être réinventées après un tel séisme ?

Dorothée Dussy : comprendre l’impact local et social

L’anthropologue a, elle aussi, suivi les audiences à Avignon. Avec treize autres chercheurs, elle a participé à l’ouvrage collectif Mazan : anthropologie d’un procès pour viols (Le bruit du monde). Leur enquête explore les répercussions de l’affaire sur les habitants de Mazan et d’Avignon, révélant comment un procès peut transformer un territoire.

Un moment télévisuel à la portée collective

Depuis plusieurs saisons, La Grande Librairie s’est imposée comme un lieu où les débats de société prennent le temps de se déployer. En invitant Gisèle Pelicot, l’émission ne se contente pas d’accompagner une sortie littéraire : elle capte un moment de bascule. Le procès de Mazan a déjà marqué un tournant médiatique et judiciaire. Reste à savoir s’il produira un effet durable sur les mentalités. La prise de parole de Gisèle Pelicot, sobre et réfléchie, pourrait contribuer à inscrire cette affaire dans une mémoire collective plus large. Mercredi soir, sur France 5, c’est toute cette perspective qui s’ouvrira devant les téléspectateurs.

Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."

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