Karine Le Marchand raconte un siècle d’immigration en France sur M6

Publié le lundi 9 février 2026 à 07h10 6 min
Avec « Les nouveaux français, 100 ans d’immigration », l’animatrice de M6 s’attaque à un sujet majeur de l’histoire contemporaine, à travers des récits intimes et un regard assumé sur ce qui façonne la société française d’aujourd’hui.
Karine Le Marchand raconte un siècle d’immigration en France sur M6
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Un documentaire pour raconter la France autrement

Depuis plus de cent ans, la France se construit aussi par l’immigration. Italiens, Espagnols, Portugais, Arméniens, Sénégalais, Vietnamiens, Algériens ou encore Comoriens : leurs trajectoires ont peu à peu façonné le pays. Aujourd’hui, près d’un Français sur cinq a un lien direct avec l’immigration, selon les données de l’Insee. C’est cette histoire collective, souvent réduite à des chiffres ou à des débats, que Karine Le Marchand a choisi de remettre en images. Intitulé Les nouveaux français, 100 ans d’immigration, le documentaire sera diffusé sur M6 ce lundi 9 février à 21 h 15.

Karine Le Marchand, de l’écoute à la transmission

Connue pour sa capacité à recueillir la parole dans L’amour est dans le pré ou lors de ses entretiens politiques, l’animatrice endosse ici un rôle plus engagé. Productrice via Potiche Productions, elle incarne et porte ce projet pensé comme une traversée sensible d’un siècle d’exils, de renoncements mais aussi de reconstructions. Avec la réalisatrice Mathilde Gautry, elle déroule le fil des grandes vagues migratoires, des arrivées espagnoles du début du XXe siècle jusqu’aux exodes plus récents. L’enjeu n’est pas de trancher un débat, mais de donner à voir des parcours de vie, souvent invisibles.

Des récits intimes, entre mémoire et héritage

Le film s’appuie sur une mosaïque de témoignages. Anonymes et personnalités se succèdent : Gérard Hernandez, André Manoukian, Rachel Khan, Tomer Sisley, Booder ou encore Alexis Michalik racontent ce que l’exil a transmis, parfois en silence. À 92 ans, Gérard Hernandez revient ainsi sur son arrivée d’Espagne en 1936 et sur le changement de son prénom, symbole d’un désir d’intégration partagé par toute une génération. Des histoires qui résonnent avec celles de familles moins connues, venues d’Italie, du Cambodge ou de Syrie.

Un regard documenté, sans misérabilisme

Pour donner des repères, le documentaire s’appuie sur les travaux d’historiens et l’analyse de spécialistes comme Constance Rivière, directrice du musée national de l’Histoire de l’immigration, ou François Gemenne, expert des migrations climatiques. Les flux sont identifiés, replacés dans leur contexte, et illustrés par des images d’archives de l’INA, parfois colorisées. Le parti pris est clair : évoquer les violences et les obstacles sans s’y attarder, pour mieux montrer ce que ces trajectoires ont produit. Une approche volontairement positive, qui tranche avec le ton souvent pessimiste entourant ce sujet.

Un film qui ouvre la discussion

La densité des témoignages laisse parfois entrevoir des histoires qui mériteraient davantage de temps. Mais cette pluralité fait aussi la force du film : elle rappelle que l’immigration n’est pas une exception, mais une expérience partagée par des millions de familles. Depuis le tournage, certains participants confient que des discussions longtemps évitées se sont ouvertes au sein de leur entourage. Une résonance que Karine Le Marchand assume pleinement : en racontant ces destins, le documentaire invite chacun à interroger sa propre histoire familiale.

Une continuité dans le travail de l’animatrice

Après Familles de paysans, 100 ans d’histoire, ce nouveau projet confirme l’envie de Karine Le Marchand de s’inscrire dans le temps long. Avec Les nouveaux français, elle propose moins une réponse qu’un point de départ : celui d’un récit commun, multiple, et toujours en mouvement.

Aperçu vidéo
Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."

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