L’aventure, c’est l’aventure : la comédie culte de Lelouch avec Ventura et Brel à revoir sur France 5
Ce soir à 21h05 sur France 5, Claude Lelouch réunit Lino Ventura, Jacques Brel et une bande de truands pas comme les autres dans une comédie culte de 1972. Un film libre, politique et étonnamment moderne, qui continue de séduire par son audace et son énergie collective.
Une comédie née d’un air du temps
Sorti en 1972,
L’aventure, c’est l’aventure arrive dans une France encore marquée par l’après-Mai 68. Claude Lelouch, déjà reconnu pour
Un homme et une femme, choisit de capter cette époque en mutation à travers une farce politique et sociale. Le point de départ est simple : cinq truands à l’ancienne voient leurs méthodes devenir obsolètes. Face à une société qui change, ils décident de se reconvertir… dans le détournement d’avion et les causes révolutionnaires internationales. Une idée absurde sur le papier, mais qui permet au cinéaste de tourner en dérision les élans militants et les contradictions de l’époque. Le film joue en permanence sur ce décalage entre grand banditisme “à l’ancienne” et modernité tapageuse. Une manière, pour Lelouch, de raconter la fin d’un monde.
Un casting hors normes
Difficile d’évoquer le film sans parler de son impressionnante distribution.
Lino Ventura incarne Lino Massaro, chef de bande pragmatique et lucide. À ses côtés,
Jacques Brel surprend dans un registre comique irrésistible, loin de son image de chanteur engagé. On retrouve également
Charles Denner,
Charles Gérard et
Aldo Maccione, dont l’énergie fantasque apporte une touche burlesque assumée. Cette alchimie repose beaucoup sur l’improvisation : Lelouch, adepte d’une mise en scène instinctive, laisse ses comédiens respirer et occuper l’espace. Le résultat donne des dialogues qui semblent spontanés, presque pris sur le vif. Cette liberté de ton contribue largement au charme du film.
Le clin d’œil inattendu de Johnny Hallyday
Parmi les apparitions marquantes du film, celle de
Johnny Hallyday retient l’attention. Le chanteur, alors au sommet de sa popularité, fait une brève apparition qui témoigne de l’ancrage du film dans la culture populaire du début des années 1970. Sa présence, même fugace, renforce le côté “instantané” du long-métrage, comme une photographie d’époque où se croisent figures du cinéma, de la chanson et de la société médiatique. Un détail qui amuse encore les spectateurs aujourd’hui et participe à la dimension presque documentaire du film sur son temps.
Tournage mouvementé et scènes devenues cultes
Certaines séquences, notamment celles liées aux détournements d’avion ou aux rencontres avec des figures révolutionnaires, ont demandé une logistique inhabituelle pour l’époque. Lelouch aime filmer en décors naturels, parfois sans autorisations complètes, pour capter une forme de vérité immédiate. Le film regorge de répliques devenues cultes et de situations improbables, entre négociations financières surréalistes et engagements politiques opportunistes. Ce mélange des genres — polar, satire politique, comédie de bande — participe à son identité singulière.
L'aventure, c'est l'aventure bande-annonce
Un succès populaire, une réception contrastée
À sa sortie,
L’aventure, c’est l’aventure attire massivement les spectateurs. Le public répond présent, séduit par l’énergie du casting et l’humour décalé. La critique, en revanche, se montre plus divisée. Certains reprochent à Lelouch son ton irrévérencieux et son regard ironique sur les mouvements révolutionnaires. D’autres saluent au contraire une œuvre libre, reflet d’une époque en pleine mutation. Avec le temps, le film s’est installé comme une comédie emblématique du cinéma français des années 1970, souvent citée pour son audace et son casting d’exception.
Pourquoi le revoir aujourd’hui ?
Plus de cinquante ans après sa sortie, le film conserve une étonnante actualité. Sa réflexion sur l’opportunisme, la médiatisation des causes et l’adaptation aux mutations du monde résonne encore. Revoir
L’aventure, c’est l’aventure, c’est aussi retrouver une génération d’acteurs au sommet de leur art, dans une œuvre collective portée par une vraie liberté de ton.
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