Robert Duvall, légende du cinéma américain, est mort à 95 ans

Publié le lundi 16 février 2026 à 20h12 4 min
Visage incontournable du Nouvel Hollywood, l’acteur oscarisé s’est éteint paisiblement en Virginie. Du Parrain à Apocalypse Now, il laisse derrière lui une galerie de personnages qui ont marqué des générations de spectateurs.
Robert Duvall, légende du cinéma américain, est mort à 95 ans
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Une figure majeure du cinéma des années 1970

Robert Duvall est décédé dimanche à son domicile de Middleburg, en Virginie, à l’âge de 95 ans. Son agence de relations publiques a précisé, au nom de son épouse Luciana, qu’il s’était éteint “paisiblement”. Pour le grand public, son nom reste indissociable du film Le Parrain. En 1972, il incarne Tom Hagen, le conseiller discret et stratégique de la famille Corleone. Ce rôle lui vaut la première de ses sept nominations aux Oscars. Deux ans plus tard, il reprend le personnage dans Le Parrain 2, confirmant sa place parmi les acteurs essentiels du cinéma américain. Dans une saga dominée par les figures flamboyantes, Duvall imposait une présence plus intérieure, presque silencieuse. C’est cette retenue qui a fait de Tom Hagen un pilier dramatique de l’histoire.

Un acteur caméléon, des westerns à la guerre du Vietnam

Né à San Diego, fils d’un officier de marine, Robert Duvall suit des études à Principia College avant de servir dans l’armée pendant la guerre de Corée. Installé ensuite à New York, il se forme auprès du célèbre professeur Sanford Meisner. À cette époque, il partage un appartement avec Dustin Hoffman et fréquente un autre acteur en devenir, Gene Hackman. Sa carrière débute au théâtre avant un premier rôle marquant au cinéma dans To Kill a Mockingbird (1962), où il interprète le mystérieux Boo Radley. Puis les rôles s’enchaînent : adversaire de John Wayne dans True Grit, militaire dans M*A*S*H, héros du film de science-fiction THX 1138 de George Lucas. Mais c’est aussi avec Francis Ford Coppola qu’il façonne l’une de ses performances les plus célèbres : le lieutenant-colonel Kilgore dans Apocalypse Now. Sa réplique, devenue culte —
“I love the smell of napalm in the morning.”
— résume à elle seule la folie et l’ambiguïté morale du film. En 1983, il décroche l’Oscar du meilleur acteur pour Tender Mercies, où il incarne un chanteur country en perte de repères, chantant lui-même à l’écran. Une récompense qui consacre une carrière déjà impressionnante.

Un parcours guidé par des choix de principe

Robert Duvall était réputé pour son indépendance. Il refuse de participer à The Godfather Part III en 1990, invoquant un désaccord salarial qu’il juge “une question de principe”. Une décision rare à Hollywood, qui témoigne de son exigence et de sa conception du métier. Au fil des décennies, il navigue entre cinéma et télévision, remportant notamment un Emmy Award pour la mini-série Broken Trail. Il passe également derrière la caméra avec The Apostle (1997), film qu’il écrit, réalise et interprète, et qui lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars. Jusqu’aux années 2010, il continue de tourner, obtenant à 84 ans une ultime nomination pour The Judge en 2014.

Une empreinte durable dans l’histoire du 7e art

Robert Duvall a interprété des figures historiques aussi bien que des personnages fictifs complexes, de Robert E. Lee à Joseph Staline. Westerns, drames, fresques politiques : il traversait les genres avec la même sobririété. Marié quatre fois, il partageait sa vie avec l’actrice et réalisatrice argentine Luciana Pedraza. Aucun service officiel ne sera organisé. Sa famille invite ceux qui souhaitent lui rendre hommage à le faire simplement : regarder un grand film, raconter une histoire autour d’une table, ou prendre la route pour apprécier la beauté du monde. Ce message résume peut-être le mieux l’homme derrière l’acteur : un artiste discret, attaché aux récits et aux paysages américains. Sa disparition marque la fin d’un chapitre du cinéma, celui d’une génération qui a redéfini Hollywood dans les années 1970. Reste désormais son œuvre, immense, que les spectateurs continueront de redécouvrir.

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Alex B.
par Alex B.
"Jongleur de mots, chasseur d'infos et dompteur de deadlines. Café dans les veines depuis 2015."

Vos avis

Asuncion 6
Un très grand acteur !
25 jours