Sale Temps pour la planète : que raconte le documentaire sur la Normandie ?
Un littoral normand directement menacé
En Normandie, le paysage côtier change sous l’effet du dérèglement climatique. Les falaises reculent, des blocs se détachent et certaines maisons se retrouvent progressivement exposées à un risque majeur.À Quiberville-sur-Mer, les conséquences de cette érosion sont déjà visibles. Certaines habitations situées en bordure de falaise doivent être rachetées, puis déconstruites. Le maire Jean-François Bloc estime que les maisons les plus proches du bord pourraient disparaître dans les vingt ou vingt-cinq prochaines années.
Une maison située à environ six mètres cinquante du sommet de la falaise a notamment été déconstruite après une alerte du BRGM, le Bureau de recherches géologiques et minières. La commune avait auparavant pris un arrêté de péril afin d’interdire l’accès à ce lieu considéré comme dangereux.
Quelles solutions sont mises en place face au dérèglement climatique ?
À Quiberville-sur-Mer, redonner sa place au fleuve
La commune ne se contente pas de gérer les risques liés à l’érosion. D’importants travaux ont été engagés pour restaurer l’ancien lit de la Saâne, un fleuve côtier qui se jette dans la Manche.L’embouchure a également été réaménagée afin de faciliter les échanges entre la mer et le fleuve. L’objectif est de limiter les débordements et de mieux accompagner les mouvements naturels de l’eau.
Le camping municipal, régulièrement exposé aux inondations, a été déplacé dans les hauteurs. Cette relocalisation doit lui permettre de poursuivre son activité dans de meilleures conditions.
Le Conservatoire du littoral prépare le recul des aménagements
Près du Pegasus Bridge, le Conservatoire du littoral travaille à la renaturation d’un secteur situé entre un canal et l’estuaire de l’Orne. Une route qui relie ces deux espaces est déjà régulièrement submergée lors des tempêtes et des grandes marées.Selon Régis Leymarie, délégué adjoint Normandie au Conservatoire du littoral, l’avenir de cette route est compromis à l’horizon d’une dizaine d’années. Un projet prévoit donc de relocaliser la voirie, puis de retirer progressivement le bitume, les poteaux, les câbles et les réseaux encore présents.
Cette opération doit rendre l’espace à la nature. Le site avait initialement été destiné à accueillir un projet immobilier balnéaire. Sa transformation illustre le changement de modèle défendu par le Conservatoire du littoral, créé pour ralentir l’urbanisation continue des côtes françaises.
@laplaceduvillagetv LA NORMANDIE SUR FRANCE 5 ! Dans son nouveau documentaire inédit de "Sale temps pour la planète", le producteur et journaliste Morad Ait-Habbouche vous donne rendez-vous avec là Normandie, dans un épisode intitulé : ''La Normandie, là où la terre recule". En ces terres normandes, il existe une volonté affichée d'apprendre à conjuguer dérèglement climatique et résilience. Des démarches pensées sur le long terme dont les premiers résultats sont pour le moins encourageants. À découvrir ce lundi 27 juillet 2025 à 21 heures sur France 5. #saletempspourlaplanete #elleestpasbellelavie ♬ son original - La Place du village TV
Pourquoi le documentaire s’intéresse-t-il aussi aux terres normandes ?
Le bocage comme outil de résilience
Le documentaire élargit son regard au-delà du littoral. Dans les terres, le bocage normand retrouve une fonction essentielle face aux épisodes de sécheresse et aux pluies intenses.Les haies et les paysages bocagers peuvent contribuer à retenir l’eau, protéger les sols et préserver la biodiversité. Agriculteurs et producteurs doivent également composer avec de nouvelles maladies et des conditions météorologiques plus imprévisibles.
Les productions emblématiques de la région sont elles aussi fragilisées. Le camembert au lait cru et les vergers normands apparaissent comme des symboles confrontés aux transformations de leur environnement.
Une nouvelle manière de penser l’aménagement
« Sale temps pour la planète » défend une idée centrale : l’adaptation ne consiste pas toujours à lutter contre la nature. Elle peut aussi impliquer de déplacer, de déconstruire ou de renoncer à certains aménagements devenus trop vulnérables.À Quiberville-sur-Mer comme près de l’estuaire de l’Orne, les décisions prises demandent des moyens financiers importants. Elles ont également un coût humain, puisque certaines familles doivent quitter des maisons menacées par le recul des falaises.
En résumé : le documentaire montre comment la Normandie tente de répondre au dérèglement climatique en accompagnant les évolutions naturelles du territoire. Relocalisation, restauration des écosystèmes et recul de l’urbanisation deviennent des solutions privilégiées face à des risques appelés à s’intensifier.
Notre avis sur « Normandie, là où la terre recule »
Le film s’inscrit dans une réflexion actuelle sur la résilience des territoires. Son intérêt repose sur la confrontation entre des phénomènes très concrets, comme les maisons menacées ou les routes submergées, et les choix politiques nécessaires pour y répondre.Le documentaire part des falaises et du littoral avant d’examiner les fragilités agricoles et écologiques de l’arrière-pays. Ce parcours montre que le dérèglement climatique ne concerne pas uniquement les zones côtières.
Le choix de donner la parole aux élus, aux scientifiques et aux acteurs de terrain permet également de rendre visibles les conséquences pratiques de l’adaptation. Pour le public, cette approche peut aider à comprendre pourquoi certaines constructions doivent désormais être déplacées ou supprimées.
Quand voir « Sale Temps pour la planète – Normandie, là où la terre recule » ?
- Programme : « Sale Temps pour la planète – Normandie, là où la terre recule »
- Durée : 52 minutes
- Auteur-réalisateur : Morad Aït-Habbouche
- Chaîne : France 5
- Date de diffusion : lundi 27 juillet 2026
- Horaire : 21 h















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