Un hommage né d’un souvenir personnel
À l’origine de ce film, une demande simple qui ravive beaucoup plus que prévu. Contacté par Romain Colucci pour écrire un texte en ouverture d’un recueil de citations, Michel Denisot replonge dans ses souvenirs.Très vite, les images affluent, les moments partagés ressurgissent. De cette introspection naît l’idée d’un documentaire, pensé comme une traversée personnelle autant qu’un portrait collectif.
Des années 80 racontées de l’intérieur
Le film déroule une série de souvenirs marquants : des débuts sur une piste de karting à Montlhéry jusqu’aux années Canal+, en passant par Cannes ou l’appartement parisien de la rue Gazan.Michel Denisot évoque les éclats de rire, les excès, mais aussi les périodes plus sombres. Une manière de dessiner un Coluche multiple, à la fois figure publique et homme intime.
Archives inédites et témoignages croisés
Pour nourrir ce récit, le documentaire s’appuie sur de nombreuses images, dont certaines jamais diffusées. À cela s’ajoutent les témoignages de proches comme Pierre Lescure, Maryse Gildas, Mathilda May ou encore son fils Marius.Des humoristes contemporains, Jérémy Ferrari, Claudia Tagbo ou Philippe Lacheau, apportent également leur regard, interrogeant l’héritage laissé par Coluche.
Un humour revisité à l’aune de 2026
L’un des fils conducteurs du film repose sur une question toujours sensible : peut-on rire de tout aujourd’hui ?À travers les archives, certains sketchs surprennent, voire dérangent. Denisot assume ce décalage et choisit de le confronter au regard actuel.
Coluche jouait avec les limites, en utilisant la caricature pour dénoncer. Une mécanique qui nécessite, encore aujourd’hui, d’être replacée dans son contexte.
Une liberté difficile à reproduire
Ce que souligne le documentaire, c’est aussi la singularité de son humour. Coluche ne se revendiquait d’aucun camp, s’adressait à tous et attaquait tout le monde.Une position rare, qui participe à son image d’artiste libre et insaisissable, et qui interroge sur la place actuelle de ce type de satire.
Un engagement qui dépasse l’artiste
Au-delà de la scène, le film revient sur ses actions les plus marquantes : les Restos du Cœur, lancés en 1985, ou encore son implication dans SOS Racisme.Pour Denisot, cet engagement n’avait rien de stratégique. Il s’inscrivait dans une histoire personnelle, marquée par une enfance modeste et une attention sincère aux autres.
Quarante ans plus tard, l’ampleur prise par les Restos du Cœur donne une résonance particulière à cette initiative, devenue incontournable.
“On a tous notre Coluche”
Le titre du documentaire fait écho à cette relation singulière que le public entretenait avec lui.À ses obsèques en 1986, une phrase résume ce lien : tout le monde se sentait proche de Coluche, même sans l’avoir connu.
Une proximité que le film tente de restituer, en croisant les regards et les générations.
Au-delà du souvenir, “Mon Coluche à moi” questionne ce qu’il reste aujourd’hui de cette figure populaire. Et invite, à se demander ce que serait devenu son humour dans notre époque.
Mon Coluche à moi, diffusé le jeudi 28 mai à 21h25 sur TMC, ce documentaire propose moins une réponse définitive qu’un regard sensible sur une icône qui continue d’interroger.

















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