Pourquoi Nicolas de Tavernost envisage de quitter LFP Media et Ligue 1+

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Après l’attribution des droits payants de la Coupe du monde 2026 à beIN Sports, le président de LFP Médias Nicolas de Tavernost s’interroge publiquement sur son avenir. Un revers qui fragilise la stratégie de Ligue 1+ et relance les tensions dans le football français.
Pourquoi Nicolas de Tavernost envisage de quitter LFP Media et Ligue 1+

Un coup d’arrêt inattendu pour Ligue 1+

Jeudi 12 février, face à Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Nicolas de Tavernost n’a pas caché sa colère. L’annonce de la FIFA d’attribuer les droits de diffusion payants du Mondial 2026 à beIN Sports, alors qu’un accord existait avec LFP Médias, a provoqué un véritable séisme en interne. > « Ça fait 40 ans que j’achète des droits sportifs, je n’ai jamais vu ça », a-t-il déclaré, évoquant un contrat signé et accepté par la FIFA, soumis ensuite à validation formelle. Selon lui, dix-sept clubs de Ligue 1 – tous sauf le PSG – avaient approuvé le projet. L’enjeu était majeur : intégrer la Coupe du monde à l’offre de Ligue 1+ pour consolider sa position sur le marché des diffuseurs.
« Ça fait 40 ans que j’achète des droits sportifs, je n’ai jamais vu ça »

Une remise en question personnelle

Arrivé en avril 2025 pour sortir la Ligue de football professionnel de la crise des droits TV, l’ancien patron de M6 incarnait une forme de consensus. Il avait notamment réglé le contentieux avec DAZN, qui réclamait 573 millions d’euros à la LFP, puis lancé la plateforme Ligue 1+. Le démarrage avait été rapide, avec plus d’un million d’abonnés en quelques semaines.

Mais la croissance s’est ensuite stabilisée. Dans ce contexte, la Coupe du monde 2026 représentait un levier stratégique pour relancer la dynamique. Sans cette perspective, Nicolas de Tavernost estime ne plus être « en état de poursuivre [sa] mission efficacement dans ces conditions ». Il n’a pas démissionné, mais a posé la question de son maintien lors d’un conseil d’administration.

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Un conseil exceptionnel sous tension

Un conseil exceptionnel des présidents de clubs doit se tenir ce jeudi soir. L’objectif : décider d’un éventuel recours contre la FIFA. « La procédure n’est pas loyale », affirme-t-il, appelant à l’unité des propriétaires pour défendre le développement de la Ligue 1. La position du Paris Saint-Germain, seul club à ne pas avoir validé l’accord initial, sera scrutée de près. Derrière cet épisode, c’est aussi l’équilibre des forces entre la LFP et les grands acteurs audiovisuels qui se joue.

Un projet fragilisé, mais pas abandonné

Nicolas de Tavernost assure qu’il assumera ses responsabilités si son départ devait se confirmer. Il évoque une transition organisée et la recherche d’un successeur capable de porter « ce très beau projet qu’est Ligue 1+ ». Son analyse est lucide : sans soutien massif des clubs, la plateforme ne pourra rivaliser durablement avec beIN Sports ou Canal+, partenaires historiques devenus concurrents directs.

Ce revers interroge la capacité du football français à reprendre la main sur sa diffusion. Ligue 1+ avait été pensée comme une réponse aux tensions répétées avec les diffuseurs traditionnels. La perte du Mondial 2026 affaiblit cette stratégie, au moment où la stabilité financière des clubs reste fragile. La question est désormais simple : le football français choisira-t-il l’unité pour défendre son outil de diffusion, ou ce nouvel épisode marquera-t-il un tournant dans la gouvernance des droits TV ?
Alex BUIGET
par Alex BUIGET
"Alex BUIGET suit l'actualité TV avec une attention particulière sur le sport, les droits TV et les grands événements en direct."

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