Une assignation déposée pour « faux en écriture publique »
Ce jeudi matin, l’animateur et agent immobilier Stéphane Plaza, accompagné de ses avocats Mes Antonin Gravelin-Rodriguez et Julien Roelens, a pris la parole lors d’une conférence de presse dans le 7e arrondissement de Paris. Il accuse le parquet de Paris d’avoir « manœuvré pour obtenir [sa] condamnation » prononcée en février dernier. Une assignation a été déposée dans la matinée devant le tribunal judiciaire pour « faux en écriture publique ».
« Il est temps d’affirmer publiquement mon innocence après cette affaire qui a détruit ma vie et ma carrière », a déclaré Stéphane Plaza, très ému devant la presse.
Les accusations des avocats : « La justice a déraillé »
Condamné le 18 février 2025 à un an de prison avec sursis pour des faits de violences sur une ancienne compagne, l’animateur conteste la décision de justice. Ses avocats dénoncent une grave irrégularité : selon eux, le parquet aurait produit un faux document visant à dissimuler des éléments à décharge, notamment concernant une affaire de cyberharcèlement classée sans suite.
« Le parquet ne pouvait pas décider d’un classement pour ce motif sauf à vouloir tromper le tribunal », a affirmé Me Roelens.
Chronologie des faits : du cyberharcèlement aux accusations de violences
L'affaire débute en juin 2023, lorsque Stéphane Plaza dépose plainte pour cyberharcèlement, en lien selon lui avec la révélation publique de ses infidélités. Pendant plusieurs mois, aucune suite n’est donnée à sa plainte. Puis, en septembre 2023, un article de Mediapart révèle des accusations de violences formulées par d’anciennes compagnes.
Dès le lendemain, deux enquêtes sont ouvertes par le parquet : l'une pour cyberharcèlement, l'autre pour violences, cette dernière en l’absence de plainte formelle. Les deux investigations sont confiées aux mêmes enquêteurs, mais ne sont pas jointes.
« Une même personne est impliquée dans les deux affaires, mais cela n’a pas été pris en compte », a insisté Me Gravelin-Rodriguez.
En décembre 2024, les investigations sur les violences se concluent. Stéphane Plaza est renvoyé en procès le 9 janvier 2025. Parallèlement, l’une des personnes à l’origine du cyberharcèlement – également plaignante dans l’affaire de violences – reconnaît être à l’origine de plusieurs comptes ayant ciblé l’animateur. Malgré ces aveux, le parquet classe l’affaire de cyberharcèlement sans suite, évoquant un « auteur non identifié ».
« C’est un mensonge visant à faire croire qu’il n’existe aucun lien entre le harcèlement subi et les accusations portées », a martelé Me Gravelin-Rodriguez.
Une stratégie judiciaire contestée
Pendant près d’une heure, les avocats de Stéphane Plaza ont dénoncé une « dérive grave de l’institution judiciaire ». Selon eux, le parquet aurait volontairement dissimulé des preuves favorables à leur client, compromettant l’équité du procès.
« J’ai l’impression d’avoir été enterré vivant pour des faits que je n’ai pas commis », a déclaré l’animateur.
Le parquet de Paris n’a pas encore réagi à ces accusations.
Les faits reprochés et les éléments du procès
Les accusations d’Amandine : violences physiques et psychologiques
Lors de son procès, Stéphane Plaza était accusé par une première plaignante, Amandine, de quatre épisodes violents, dont trois ont été « corroborés » selon le tribunal, par des témoignages et des éléments médicaux.
Les violences évoquées comprenaient un coup de poing à l’épaule, des doigts tordus, et des humiliations publiques. L’animateur a nié fermement ces accusations, invoquant sa dyspraxie pour expliquer la maladresse des gestes.
La seconde plaignante, Paola : des faits moins établis
La seconde plaignante, Paola, dénonçait des violences psychologiques. Si le tribunal a reconnu l’impact psychologique des faits, il a jugé que le lien avec les agissements dénoncés n’était pas suffisamment établi, en l’absence notamment d’une expertise psychiatrique. Stéphane Plaza a donc été relaxé sur ces chefs.
L’animateur a fait appel de sa condamnation pour les accusations formulées par Amandine.
Cette affaire, mêlant cyberharcèlement, accusations de violences et guerre procédurale, prend une nouvelle tournure avec cette assignation pour faux en écriture publique. Si les faits sont avérés, ils pourraient remettre en cause la régularité du jugement rendu en février. En attendant, la parole est désormais au tribunal – et potentiellement à l’Inspection générale de la justice.

















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