Harpagon, un riche veuf, vit avec ses enfants, Cléante et Elise. Avare à l'extrême, il a enterré, dans son jardin, une cassette pleine d'or et soupçonne perpétuellement son entourage de vouloir la lui voler. Il souhaite que ses enfants réalisent de beaux mariages d'argent et, pour lui-même, caresse un projet de secondes noces qui devra ne rien lui coûter. Il ignore que Cléante est amoureux de Marianne, la jeune femme de condition modeste qu'Harpagon compte épouser, et qu'Elise aime Valère, l'intendant de la maison. Tous deux n'osent pas avouer leur inclination à leur père. Pourtant, le temps presse. C'est ce soir-même que l'Avare s'apprête à signer son contrat de mariage...
Notre critique
De Funès cherchait alors, du côté de Molière, à anoblir Cruchot. Un grand succès populaire.
Très supérieur au théâtre. Image et son de qualité XXXL. Variété et richesse des couleurs. Visages en gros plans, amplifiant l’expression des sentiments par la gestuelle autant que par l’expression orale. Chacun des nombreux acteur est ainsi mieux mis en valeur. Décors réels, en plans larges avec grandes profondeurs de champ, permettant une forte mobilité, dont les séquences muettes expressives, ajoutées au script originel sans le trahir (ex : l’enterrement de la cassette ; la fuite mesquine devant la quête pendant la messe ; la longue marche coléreuse d’Arpagon). Les gesticulations, mimiques et éclats de voix de Funès, typiques de ses films (souvent grotesques), ont ici une dimension culturelle. Bémols : les techniques de son et d’image rendent possible une diction plus rapide et moins bien articulée qu’au théâtre => difficultés à capter certaines phrases en français d’époque ; pas d’ambiance du public (inconvénient ou avantage ?). Nul doute que si Molière était notre contemporain, c’est ce mode de représentation qu’il aurait choisi pour son Avare. Une bonne raison pour faire de ce film un document scolaire.

































