Un revers majeur sur les droits de douane
Vendredi dernier, la Cour suprême des États-Unis a invalidé une large partie des droits de douane instaurés par Donald Trump. En cause : l’argument d’« urgence économique » invoqué par le président pour contourner le Congrès n’a pas été jugé suffisamment fondé. Conséquence immédiate : l’agence américaine des douanes (CBP) doit suspendre dès ce mardi la perception de ces surtaxes. Une décision qui fragilise la stratégie commerciale offensive adoptée ces derniers mois par la Maison Blanche. Ce désaveu judiciaire rappelle les limites institutionnelles du pouvoir présidentiel. Dans un système américain fondé sur l’équilibre des pouvoirs, la Cour suprême réaffirme son rôle d’arbitre, au moment même où la politique économique de Donald Trump se voulait démonstration d’autorité.Une riposte immédiate et un bras de fer avec l’Europe
Donald Trump n’a pas tardé à réagir. Il a décrété une nouvelle taxe douanière mondiale de 15 %, applicable pour 150 jours, assortie d’exemptions sectorielles. Une décision qui relance l’incertitude. Les marchés et les partenaires commerciaux des États-Unis doivent désormais composer avec un cadre mouvant, susceptible d’évoluer au gré des décisions judiciaires ou politiques. À Bruxelles, la réaction a été rapide : le Parlement européen a suspendu la procédure de mise en œuvre de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, dans l’attente « d’éclaircissements » de Washington. Ce geste marque un coup d’arrêt diplomatique. L’accord, déjà sensible politiquement, se retrouve fragilisé par cette instabilité américaine. La question est désormais de savoir si cette séquence ouvre un simple épisode de tension… ou un véritable tournant dans les relations transatlantiques.Nouvelle alerte sécuritaire à Mar-a-Lago
Dans un climat déjà tendu, un homme armé d’un fusil et porteur d’un bidon d’essence s’est introduit dimanche matin à Mar-a-Lago, la résidence floridienne de Donald Trump. Il a été abattu par les forces de l’ordre. Le président était absent au moment des faits. L’épisode ravive un souvenir encore vif. Lors de la campagne présidentielle de 2024, Donald Trump avait été visé à deux reprises : touché à l’oreille lors d’un meeting en Pennsylvanie en juillet, puis de nouveau ciblé deux mois plus tard sur un parcours de golf en Floride. Au-delà du fait divers, ces événements s’inscrivent dans un climat politique américain profondément polarisé. La sécurité des responsables politiques reste un sujet majeur, alimentant les inquiétudes sur la stabilité du débat démocratique.La mort d’« El Mencho » et ses implications
Sur le front sécuritaire international, un autre événement retient l’attention : la mort de Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef d’un des plus puissants cartels mexicains, lors d’une opération militaire menée avec le soutien des États-Unis. La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé que Washington avait fourni un appui en matière de renseignement. Le trafiquant était inculpé à plusieurs reprises aux États-Unis pour trafic de méthamphétamine, cocaïne et fentanyl. Si cette élimination peut être présentée comme un succès stratégique, elle intervient dans un contexte de violences accrues au Mexique. Reste à savoir si cette disparition affaiblira durablement le cartel ou si elle ouvrira une phase de recomposition, souvent synonyme de nouvelles rivalités.Une présidence sous pression
Entre revers judiciaire, tensions commerciales avec l’Europe, menaces sécuritaires et enjeux liés au narcotrafic, Donald Trump fait face à une accumulation de fronts sensibles. L’émission réunit Romuald Sciora, Anne Deysine, Kethevane Gorjestani et Emmanuel Duteil pour analyser cette séquence. Au fond, une question traverse tous ces dossiers : cette série d’événements marque-t-elle un affaiblissement politique du président américain, ou au contraire une nouvelle phase de confrontation assumée avec les contre-pouvoirs et les partenaires internationaux ? Les prochaines décisions de Washington, et les réactions du Congrès comme de ses alliés, permettront d’en mesurer la portée réelle.Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.

















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