Une escalade militaire sur plusieurs fronts
Les opérations se multiplient et gagnent en intensité. Israël a renforcé ses frappes contre le Hezbollah au Liban, appelant près de 700 000 habitants du sud du pays à évacuer. Parallèlement, l’armée israélienne poursuit sa progression terrestre. Dans le même temps, les bombardements menés avec les États-Unis visent l’Iran et ses positions stratégiques.Mercredi, un sous-marin américain a coulé une frégate iranienne au large du Sri Lanka. Selon le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, il s’agirait du premier navire iranien détruit par une torpille américaine depuis la Seconde Guerre mondiale. Téhéran riposte par des salves de drones et de missiles visant Israël, mais aussi des positions américaines dans le Golfe et au Kurdistan irakien. Les Gardiens de la révolution affirment également qu’un missile a atteint un pétrolier américain dans le nord du golfe Persique.
Le détroit d’Ormuz sous pression
L’inquiétude se concentre désormais sur le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique du commerce mondial. L’Iran a averti que tout navire tentant de le franchir pourrait être pris pour cible. Résultat : une grande partie du trafic maritime hésite à s’y engager. Au-delà des missiles, la menace des drones change la donne. L’Iran en déploie par essaims, saturant les défenses aériennes. Petits, lents et volant à basse altitude, ces appareils compliquent les interceptions.Des drones de surface et des véhicules sous-marins complètent cet arsenal, dont l’un a récemment frappé un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall. Cette évolution technologique redessine les équilibres militaires : intercepter un missile balistique est devenu une capacité maîtrisée par plusieurs puissances. Neutraliser des vagues de drones, beaucoup moins.
Pourquoi Chypre devient un point stratégique
La Méditerranée orientale s’invite désormais dans le conflit. Emmanuel Macron a proposé la création d’une coalition pour sécuriser « les voies maritimes essentielles ». Le porte-avions Charles-de-Gaulle a été déployé en Méditerranée et des systèmes antimissiles et antidrones envoyés à Chypre, avec une frégate équipée.L’île, membre de l’Union européenne, abrite deux bases militaires britanniques. L’une d’elles a été visée par des drones après que le Premier ministre Keir Starmer a autorisé l’utilisation des bases britanniques par les États-Unis. Londres a ensuite précisé que ces installations ne seraient pas engagées dans les opérations américaines. Jeudi, la présidence française a annoncé une coordination entre Paris, Rome et Athènes pour renforcer la défense de l’île. Chypre devient ainsi un pivot logistique et stratégique en Méditerranée orientale, exposé sans être directement belligérant.
Quelle stratégie américaine ?
La Maison-Blanche a confirmé des discussions entre Donald Trump et des dirigeants kurdes concernant la base américaine du nord de l’Irak. Elle a en revanche démenti tout projet d’armement de milices kurdes contre l’Iran. Cette séquence révèle une stratégie américaine à plusieurs niveaux : pression militaire directe, sécurisation des voies maritimes et maintien d’alliances régionales sensibles. Reste une question centrale : jusqu’où Washington souhaite-t-il aller ?Un conflit qui teste la capacité de résistance iranienne
Drones, missiles, menaces sur les routes énergétiques… L’Iran montre sa capacité à multiplier les fronts indirects. Mais la durée du conflit dépendra de ses ressources militaires, économiques et politiques. Dans C dans l’air, le général Nicolas Richoux, Dominique Moïsi, Patricia Allemonière et Nicolas Barotte analysent cette montée des tensions, ainsi qu’un entretien avec John Bolton, ancien conseiller à la sécurité de Donald Trump.Au-delà des affrontements, c’est l’équilibre régional et la stabilité économique mondiale qui se jouent. La question n’est plus seulement militaire : elle concerne désormais l’ensemble des acteurs internationaux, contraints de réagir à une guerre qui ne cesse d’élargir son périmètre.
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