L’Art du faux sur Netflix, inspirée d'une histoire vraie dans l’Italie trouble des années 1970

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Disponible depuis le 23 janvier sur Netflix, « L’Art du faux » s’inspire du parcours réel d’un faussaire italien dont le talent a croisé l’art, le crime et la politique des années 1970.
L’Art du faux sur Netflix, inspirée d'une histoire vraie dans l’Italie trouble des années 1970

Quand les faits réels nourrissent la fiction

Netflix continue d’explorer les récits inspirés de personnages et d’événements authentiques. Après plusieurs productions ancrées dans le réel, la plateforme accueille désormais « L’Art du faux », un film italien réalisé par Stefano Lodovichi. L’œuvre s’inscrit dans cette tendance où la fiction s’appuie sur des trajectoires historiques pour enrichir son récit, tout en laissant une place assumée à la réinterprétation narrative.

Rome, années 1970 : une période trouble

L’intrigue se déroule dans une Rome en pleine mutation, marquée par des bouleversements politiques et sociaux profonds. Le film suit Toni Chichiarelli, artiste talentueux mais marginalisé, qui se révèle capable de reproduire avec une précision remarquable des œuvres de grands maîtres. Peu à peu, son savoir-faire l’entraîne bien au-delà des galeries d’art. Dans cette capitale traversée par la violence et les luttes de pouvoir, l’art devient une monnaie d’échange dans des cercles de plus en plus dangereux.

Un personnage inspiré d’un véritable faussaire

Derrière le personnage de fiction se cache Antonio Chichiarelli, né le 2 janvier 1948. Très tôt reconnu pour ses qualités artistiques, il s’impose comme un faussaire redoutable, capable d’imiter aussi bien Modigliani que Bernini ou Jacques-Louis David. Installé à Rome à la fin des années 1960, il évolue dans un contexte où le marché de l’art, les réseaux criminels et la politique se croisent régulièrement. Sa trajectoire le mène à fréquenter la mafia sicilienne ainsi que la redoutée Banda della Magliana, organisation criminelle active dans la capitale italienne.

L’ombre de l’affaire Aldo Moro

L’un des épisodes les plus marquants de sa vie survient en 1978, lors de l’enlèvement d’Aldo Moro par les Brigades rouges. Antonio Chichiarelli aurait participé à la fabrication d’un faux communiqué destiné à tromper les autorités italiennes. Cet événement, emblématique des « années de plomb », est intégré au récit du film, qui choisit de montrer comment la circulation de faux documents pouvait influencer des décisions politiques majeures.

Entre crime organisé et destin brisé

Le parcours du faussaire ne s’arrête pas là. Il est également associé au braquage du coffre-fort de Brink’s Securmark, le 23 mars 1984, un vol retentissant dont le butin est estimé à 35 millions de lires. Quelques mois plus tard, en septembre 1984, Antonio Chichiarelli meurt à seulement 36 ans, dans des circonstances jamais totalement éclaircies. Un destin abrupt qui nourrit encore aujourd’hui les zones d’ombre autour de son personnage.

Une adaptation libre portée par Pierre Castellitto

Dans « L’Art du faux », Toni Chichiarelli est interprété par Pierre Castellitto. Le film s’inspire notamment de l’ouvrage Il Falsario di Stato, qui rassemble des documents et témoignages sur des contrefacteurs ayant infiltré les institutions italiennes au XXe siècle. L’adaptation revendique cependant une certaine liberté. Les événements sont réorganisés et les personnages retravaillés afin de privilégier la cohérence dramatique plutôt qu’une reconstitution chronologique stricte.

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Un regard sur une Italie trouble

Au-delà du portrait d’un faussaire, le film offre un aperçu d’une Italie traversée par l’instabilité, les luttes idéologiques et l’emprise du crime organisé. L’art y devient un prisme pour observer les failles d’un système et les dérives d’une époque. Cette approche, à la fois historique et romanesque, interroge la frontière entre talent, manipulation et compromission.
En s’inspirant d’un destin réel tout en assumant sa part de fiction, « L’Art du faux » propose une plongée singulière dans les coulisses d’une période troublée. 
Alex BUIGET
par
"Alex BUIGET suit l'actualité TV avec une attention particulière sur le sport, les droits TV et les grands événements en direct."

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