C dans l’air du 17 février 2026 : affaire Epstein, la France face à ses zones d’ombre

Publié le mardi 17 février 2026 à 16h30     5 min
Perquisitions, nouvelles plaintes et réexamens judiciaires : le dossier Epstein connaît un tournant français, relançant interrogations et responsabilités, jusqu’aux plus hautes sphères politiques.
C dans l’air du 17 février 2026 : affaire Epstein, la France face à ses zones d’ombre

Des perquisitions qui relancent l’affaire en France

Le séisme Epstein continue de produire ses effets, cette fois au cœur des institutions françaises. Lundi, plusieurs perquisitions ont été menées, notamment à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris. Elles interviennent quelques jours après la démission de Jack Lang, président de l’IMA depuis plusieurs années, dans le cadre d’une enquête portant sur ses liens financiers présumés avec Jeffrey Epstein. Le 6 février, le Parquet national financier (PNF) a ouvert une information pour soupçons de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre et sa fille, Caroline Lang. Une procédure qui marque une nouvelle étape judiciaire, au-delà des révélations médiatiques.

Des magistrats mobilisés sur les « Epstein Files »

Face à l’ampleur des documents diffusés par la justice américaine mi-janvier, la justice française s’organise. Plusieurs magistrats référents ont été désignés afin d’identifier d’éventuelles infractions impliquant des ressortissants français. En coordination avec le PNF, ils examinent des millions de pages d’archives. Ce travail minutieux pourrait faire émerger de nouveaux éléments dans un dossier déjà tentaculaire. Parallèlement, le parquet de Paris a été saisi de plusieurs affaires distinctes.

Le cas du diplomate Fabrice Aidan

Le nom de Fabrice Aidan, ancien conseiller à la représentation permanente de la France à l’ONU, apparaît à plusieurs reprises dans les documents rendus publics. Déjà en 2013, une enquête du FBI l’avait soupçonné d’avoir consulté des fichiers pédopornographiques. Il avait alors quitté son poste aux États-Unis pour revenir en France. Selon les révélations de la Cellule investigation de Radio France, le diplomate a également fait l’objet, en 2020, d’une enquête pour « tentative de corruption de mineur » alors qu’il travaillait au cabinet d’Audrey Azoulay à l’UNESCO. Cette procédure avait été classée sans suite. Ces éléments interrogent sur le suivi administratif et judiciaire de son parcours.

De nouvelles plaintes examinées

Le parquet de Paris a aussi reçu la plainte d’Ebba Karlson. La ressortissante suédoise accuse Daniel Siad, proche de Jeffrey Epstein, de viol en 1990. Elle affirme avoir reconnu son agresseur présumé à la lecture des documents publiés. Une autre plainte vise le chef d’orchestre Frédéric Chaslin pour des faits de harcèlement sexuel qui auraient été commis en 2016. La procédure est en cours d’analyse. Enfin, la justice française a décidé une « réanalyse intégrale » du dossier Jean‑Luc Brunel. L’ancien agent de mannequins, mis en examen pour viol et accusé par dix femmes, dont certaines mineures au moment des faits, s’était suicidé en détention en février 2022. À sa mort, l’action publique s’était éteinte. L’une des plaignantes présumées, Thysia Huisman, a accepté de témoigner dans C dans l’air, rappelant que pour les victimes, l’affaire ne s’est jamais refermée.

Aux États-Unis, un volet politique sous tension

Outre-Atlantique, l’affaire continue de provoquer des remous. L’ancien président Bill Clinton est convoqué devant le Congrès, aux côtés de son épouse Hillary Clinton, pour s’expliquer sur ses liens avec Jeffrey Epstein. Aucun acte répréhensible n’a été établi à ce stade, mais la proximité entre les deux hommes est documentée. Bill Clinton devrait comparaître le 27 février, sous réserve que l’audition soit publique. Son épouse devrait être entendue la veille. « Nous n’avons rien à cacher », a déclaré Hillary Clinton sur la BBC, dénonçant une instrumentalisation politique et appelant à la publication complète des dossiers :
« Publiez ces dossiers. Ils traînent. »

Une émission pour comprendre les ramifications

Ce mardi 17 février 2026, C dans l’air consacre son émission à ce dossier devenu éminemment français. Autour de la table : Laurent Valdiguié, journaliste d’investigation à Marianne ; Audrey Goutard, grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société ; Caroline Vigoureux, journaliste en charge des questions de société à La Tribune Dimanche ; et l’historienne et politologue Nicole Bacharan, spécialiste des États‑Unis et éditorialiste à Ouest‑France. Un plateau qui devrait permettre de décrypter à la fois les enjeux judiciaires, politiques et sociétaux d’une affaire dont les répercussions sont loin d’être terminées.

Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.
Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."
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