Une enquête qui s’intensifie à Lyon
Cinq jours après le passage à tabac mortel de Quentin Deranque, 23 ans, étudiant et militant d’extrême droite, la police judiciaire a procédé à une série d’interpellations. Onze personnes sont en garde à vue ce mercredi. Parmi elles figure Jacques-Élie Favrot, collaborateur jusqu’à récemment du député La France insoumise Raphaël Arnault.Plusieurs anciens membres du groupe antifasciste la Jeune Garde, dissous par le gouvernement l’été dernier, ont également été interpellés. Les faits se sont déroulés en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. De nouvelles vidéos, diffusées par Le Canard Enchaîné, montrent deux groupes d’effectifs comparables s’affronter quelques minutes avant l’agression. Les magistrats cherchent désormais à établir précisément la chaîne des responsabilités.
Une onde de choc politique immédiate
Très vite, l’affaire a quitté le terrain strictement judiciaire pour devenir un sujet politique national. La France insoumise est mise en cause en raison des liens passés entre certains de ses élus et la Jeune Garde. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé à « faire le ménage dans vos rangs ». La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a demandé à Mathilde Panot d’exclure, même temporairement, le député concerné du groupe parlementaire. Elle a également estimé qu’il ne devrait plus y avoir « un député LFI au sein de l’Assemblée ». Yaël Braun-Pivet a rappelé de son côté que seule une décision du Conseil constitutionnel, à l’issue d’une éventuelle condamnation pénale définitive privant un élu de son droit d’éligibilité, peut entraîner la déchéance d’un mandat.Des fractures à gauche
Au sein même de la gauche, les réactions divergent. Raphaël Glucksmann, François Hollande et Jérôme Guedj ont appelé à une rupture claire avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Le leader insoumis, lui, a assuré que LFI n’avait « rien à voir ni de près ni de loin » avec la mort de Quentin Deranque. Opposé à la violence en politique, qu’il juge délétère pour le débat démocratique, il a appelé au calme et dénoncé toute « surenchère ». Dans le même temps, une dizaine de permanences parlementaires insoumises ont été dégradées. Le siège parisien du mouvement a même été brièvement évacué ce mercredi à la suite d’une menace à la bombe, selon son coordinateur Emmanuel Bompard.Autour de la table, le politologue Pascal Perrineau, la journaliste Soazig Quéméner, Sandrine Cassini du Monde et Brice Teinturier d’Ipsos analysent les ressorts d’une séquence particulièrement sensible.
Au-delà des responsabilités individuelles, c’est la question de la radicalité politique et de ses conséquences qui s’invite dans le débat public. Cette affaire intervient dans un climat déjà marqué par une forte polarisation. Elle interroge aussi la capacité des partis à contenir ou à condamner clairement les formes de militantisme les plus radicales. Reste à savoir si l’émotion suscitée par la mort de Quentin Deranque se traduira par un apaisement des discours ou, au contraire, par un durcissement durable des positions. C’est l’un des enjeux majeurs soulevés ce soir à l’antenne.
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