Une arrestation historique au Royaume-Uni
Le frère de Charles III a été arrêté ce jeudi 19 février, jour de ses 66 ans, puis placé en garde à vue. Des perquisitions ont été menées dans plusieurs résidences liées à la Couronne, selon les autorités britanniques. Andrew Windsor est soupçonné d’avoir transmis des documents sensibles à Jeffrey Epstein. De récentes publications issues de la justice américaine évoquent des échanges de mails datant de 2010.À l’époque, il occupait la fonction d’émissaire du Royaume-Uni pour le commerce international. Les enquêteurs s’intéressent à des rapports confidentiels concernant l’Afghanistan, le Vietnam, la Chine et Singapour, pays visités lors de déplacements officiels. Si ces éléments étaient confirmés, ils déplaceraient l’affaire du terrain des accusations personnelles vers celui de la sécurité d’État, avec des implications diplomatiques potentiellement sensibles.
L’ombre persistante de l’affaire Epstein
Ces nouveaux soupçons s’ajoutent aux accusations portées par Virginia Giuffre, décédée en avril 2025. Son livre posthume Nobody's Girl: Memoir of Surviving Abuse and Fighting for Justice, publié aux États-Unis le 21 octobre dernier, réaffirme son récit. Elle y accuse Andrew Windsor de viols alors qu’elle avait 17 ans, à la demande de Jeffrey Epstein. Des faits que l’intéressé a toujours niés. Déchu de ses titres royaux en octobre dernier en raison de ses liens avec le financier américain, le prince Andrew vivait déjà en retrait de la vie publique. Son arrestation marque toutefois une étape sans précédent dans l’histoire récente de la monarchie britannique.Un communiqué rare du roi Charles III
Dans un message signé de son nom, le souverain a déclaré : « la justice doit suivre son cours ». Une prise de parole sobre, qui vise à protéger l’institution tout en affirmant le respect de l’indépendance judiciaire.Des ramifications politiques aux États-Unis
Outre-Atlantique, l’affaire Epstein continue de provoquer des remous. Une propriété du financier, le ranch « Zorro » au Nouveau-Mexique, attire désormais l’attention. Il s’agit de la seule résidence d’Epstein à ne pas avoir été perquisitionnée, alors qu’elle apparaît dans plusieurs témoignages et documents judiciaires. Rachetée en 2023 par un élu républicain texan proche de Donald Trump, elle fait aujourd’hui l’objet d’une commission spéciale d’enquête votée lundi par la Chambre des représentants du Nouveau-Mexique. Dans le même temps, Hillary Clinton accuse Donald Trump de chercher à « dissimuler » certains éléments du dossier judiciaire Epstein. Le média américain Daily Beast a également publié de nouveaux éléments mettant en cause le président américain.Un tournant pour la monarchie britannique ?
L’arrestation d’Andrew Windsor ouvre une séquence délicate pour Buckingham. Jamais, dans l’histoire contemporaine, un membre aussi proche du souverain n’avait été formellement interpellé. Au-delà du sort judiciaire de l’ex-prince, c’est l’image même de la monarchie qui se retrouve exposée. L’institution, engagée depuis plusieurs années dans une stratégie de recentrage et de modernisation, pourrait voir cette affaire redéfinir son rapport à la transparence et à la responsabilité.Les experts invités dans C dans l’air
- Adélaïde de Clermont-Tonnerre – Journaliste et romancière
- Anne-Elisabeth Moutet – Éditorialiste au Daily Telegraph
- Audrey Goutard – Grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société
- Nicole Bacharan – Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis
Retrouvez C dans l'air du lundi au samedi à partir de 17h40 sur France 5.

















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