Le Figaro fête 200 ans de liberté : de la satire à l’influence, l’histoire cachée du journal
Publié le
Deux siècles d’audace, de polémiques et de combats. À l’occasion de son bicentenaire, Le Figaro se dévoile comme on ne l’a jamais vu, loin des clichés. Un film événement retrace cette histoire mouvementée, entre liberté revendiquée et choix courageux, à découvrir ce lundi 12 janvier à 22h55 sur France 2.
Un journal né sous surveillance… et déjà rebelle
Dès ses origines, Le Figaro avance masqué. Nous sommes en 1826, sous le règne de Charles X, et la presse est étroitement contrôlée. Pour exister, le journal choisit l’arme la plus subtile : l’ironie. Allusions, moqueries, attaques à peine voilées… Le Figaro se faufile entre les lignes et fait de la liberté un art littéraire. Son nom, emprunté à Beaumarchais, n’a rien d’innocent : Figaro, valet insolent, y plaidait déjà pour la liberté de la presse.
Villemessant, l’homme qui invente la presse moderne
Le tournant arrive au milieu du XIXᵉ siècle. Hippolyte de Villemessant transforme une feuille satirique en quotidien influent. Sa méthode : s’entourer des meilleurs, sans œillères ni dogmes. Poètes, romanciers, polémistes : Baudelaire, Daudet, Vallès trouvent place dans ses colonnes. Peu importe leurs idées, pourvu que le talent soit là. Une vision révolutionnaire qui fait exploser les ventes… et bouscule les élites.
Interviews, reportages, petites annonces : tout commence ici
Sous son impulsion, Le Figaro invente des formats encore incontournables aujourd’hui. Interviews, grands reportages, suppléments, carnet mondain… Le journal devient le miroir vivant de son époque, mêlant littérature, politique et société.
Dreyfus, Calmette : quand l’audace coûte cher
En 1897, Le Figaro prend un risque majeur : défendre Alfred Dreyfus. À contre-courant, il mène une campagne de presse courageuse, au prix d’une vague de désabonnements. Une liberté chèrement payée, souvent oubliée dans l’histoire officielle de l’Affaire. Quelques années plus tard, la violence frappe à la porte du journal. En 1914, Gaston Calmette, directeur du Figaro, est assassiné en pleine rédaction. Le choc est immense, le procès passionne la France entière… au point d’éclipser, un temps, les tensions internationales annonciatrices de la guerre.
Guerres mondiales : écrire, résister ou s’arrêter
Pendant les conflits mondiaux, Le Figaro s’impose par un grand reportage littéraire et incarné. Ses journalistes sont récompensés à dix-sept reprises par le prix Albert-Londres. Mais face à la censure de Vichy, le journal fait un choix radical : se taire plutôt que se soumettre. Une décision rare, lourde de conséquences, qui marque durablement son identité.
Du papier au numérique, une influence intacte
Après-guerre, Le Figaro littéraire devient un foyer intellectuel majeur. Puis viennent les grandes mutations : l’ère Hersant, l’arrivée de la famille Dassault, le virage numérique, les nouveaux formats… jusqu’à devenir le premier journal à lancer sa propre chaîne de télévision. Aujourd’hui encore, écrivains et penseurs contemporains continuent d’y débattre, preuve que l’ADN du journal n’a pas disparu avec le papier.
Un anniversaire qui interroge notre rapport à la liberté
Ce film anniversaire, nourri d’archives rares et de témoignages de figures du journal, bouscule l’image parfois figée d’un quotidien conservateur. Il révèle un Figaro traversé de contradictions, de paris risqués et de choix courageux. Deux cents ans plus tard, une question demeure : dans un paysage médiatique bouleversé, cette liberté de ton peut-elle encore surprendre… et déranger ? L’exposition « Le Figaro, 200 ans de liberté » se tiendra au Grand Palais du 14 au 16 janvier 2026. Un rendez-vous pour comprendre comment un journal, en refusant la tiédeur, a traversé deux siècles d’histoire.
par Emma Dalzac "Formée au journalisme, Emma Dalzac suit l'actualité des programmes TV, des séries et du divertissement. Elle s'intéresse aussi aux coulisses des émissions, aux films et aux tendances qui rythment le petit écran."
Vos avis