MobLand : une plongée grinçante et stylisée dans l'univers du crime britannique
Un projet signé Guy Ritchie, avec un casting cinq étoiles
MobLand, nouvelle série à l’humour noir, est une production percutante coréalisée par Guy Ritchie, bien connu pour ses films nerveux et stylisés (Snatch, The Gentlemen). Il en signe ici deux épisodes et coproduit l’ensemble, apportant sa patte visuelle sans pour autant sombrer dans la surenchère. L’approche est plus sobre que dans ses œuvres cinématographiques, mais tout aussi efficace.
Le casting, quant à lui, rassemble quelques-uns des plus grands noms du cinéma britannique : Tom Hardy, impressionnant de froideur et de charisme, Helen Mirren, magistrale en matriarche cynique, et Pierce Brosnan, jouant avec jubilation un patriarche brutal et instable.
Un « fixeur » dans l’ombre des grandes familles mafieuses
Au cœur de l’intrigue, Harry Da Souza, homme de main au sang-froid redoutable, s'occupe de tout ce que les aristocrates criminels préfèrent ne pas voir. Il travaille pour les Harrigan, une famille irlandaise régnant sur une organisation criminelle influente à Londres.
Harry n’est pas simplement un exécuteur : c’est un négociateur impitoyable, oscillant entre charme et menace, avec un art certain pour le ménage de situations dangereuses. Son quotidien ? Pression constante, violence parfois nécessaire, et un sens aigu de la diplomatie version gangsters. Tom Hardy incarne ce rôle avec la puissance et le mutisme menaçant qu'on lui connaît dans Taboo ou Peaky Blinders.
MobLand bande-annonce
Une famille aussi élégante que dangereuse
À la tête des Harrigan, Conrad, ancien gentleman-farmer interprété par un Pierce Brosnan jubilatoire, allie raffinement apparent et brutalité assumée. Derrière ce vernis de classe, l’homme est instable et imprévisible, capable d’exploser à tout moment – souvent avec une dose d’ironie glaçante.
Mais c’est bien Maeve, son épouse – jouée avec brio par Helen Mirren – qui tire les ficelles. D’une intelligence froide et d’un humour noir tranchant, elle gouverne leur empire criminel d’une main de fer dans un gant de cuir. Ensemble, ils forment un couple soudé par la rouerie, l’expérience, et le goût du pouvoir.
Un drame familial sur fond de guerre des clans
Le déclencheur ? Un dérapage. Le petit-fils des Harrigan, Eddy, poignarde un homme lors d’une soirée arrosée. Pire encore, le fils d’une famille rivale – les Stevenson – disparaît au même moment. Une guerre des gangs menace d’éclater.
Harry est donc chargé d’éteindre l’incendie avant qu’il ne consume tout. D’autant que sa propre famille – une épouse lassée de ses absences (interprétée par Joanne Froggatt, vue dans Downton Abbey) et une fille adolescente – se retrouve en danger. Entre loyautés conflictuelles et codes mafieux, la tension monte.
Une série entre noirceur et dérision
MobLand n’invente pas le genre de la saga mafieuse, mais elle en propose une version stylée et savoureusement grinçante. On pense bien sûr à Ray Donovan, avec lequel elle partage une même atmosphère de tragédie familiale et de violence larvée. D’ailleurs, le projet était initialement conçu comme un prequel de The Donovans, avant de devenir The Associate, puis MobLand.
Une ambiance sonore et visuelle soignée
La série bénéficie d’une bande-son rock percutante – avec notamment Fontaines D.C. dès le générique – qui participe pleinement à son identité. L’action, souvent tendue, est ponctuée de scènes spectaculaires, notamment une course-poursuite haletante dans le second épisode.
Verdict
Malgré quelques limites, notamment un traitement psychologique parfois superficiel des personnages, MobLand réussit son pari : offrir un divertissement de haute volée, porté par des dialogues acérés, un humour noir réjouissant et des performances d’acteurs impeccables. Une série à la fois sombre, mordante et résolument britannique.

















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