Tuer au nom de Dieu : le documentaire sur la Saint-Barthélemy à voir sur France 2

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Le documentaire-fiction Tuer au nom de Dieu, diffusé mardi 26 août sur France 2, replonge dans l’une des pages les plus sanglantes de l’histoire de France : le massacre de la Saint-Barthélemy. À travers une enquête filmée comme un reportage contemporain, Hugues Nancy reconstitue la mécanique politique, religieuse et sociale qui a conduit à la tuerie de 1572, offrant une lecture saisissante et terriblement actuelle de cet événement fondateur.
Tuer au nom de Dieu : le documentaire sur la Saint-Barthélemy à voir sur France 2

Tuer au nom de Dieu : la Saint-Barthélemy revisitée comme un documentaire contemporain


📺 Diffusion : mardi 26 août à 21h10 sur France 2

Un massacre fondateur revisité


Dans la nuit du 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, Paris s’embrase : des milliers de protestants sont pourchassés et exécutés par les ligues catholiques. En l’espace de quelques jours, entre 15 000 et 30 000 victimes tombent, selon les sources.
Épisode incontournable de l’histoire de France, popularisé par Alexandre Dumas dans La Reine Margot, ce massacre reste pourtant difficile à cerner tant les témoignages et archives divergent.

Un pari narratif audacieux


Avec Tuer au nom de Dieu, Hugues Nancy (Révolution !, Colonisation, une histoire française, Manouchian) choisit un dispositif singulier : filmer cette tragédie comme si un reporter de l’époque en avait été le témoin. Caméra en main, le spectateur suit l’enquête fictive de Jean Picquier (interprété par Gaspard Meier), rescapé du massacre devenu enquêteur dix ans plus tard.
Inspiré par la démarche de Peter Watkins dans La Commune (Paris, 1871), Nancy brouille les frontières entre reconstitution historique et documentaire d’investigation.

Aperçu vidéo

Une enquête au cœur du pouvoir


Guidé par le mémorialiste Pierre de L’Estoile, Jean Picquier interroge figures majeures et témoins anonymes : Marguerite de Valois, Catherine de Médicis, le duc de Guise, Henri III…
Sa quête le conduit même à infiltrer une confrérie catholique radicale pour comprendre qui sont les véritables instigateurs du carnage. Peu à peu, le récit met au jour une vérité complexe : loin d’une explosion spontanée de haine populaire, la Saint-Barthélemy apparaît comme un acte politique, organisé et favorisé par des années de tensions religieuses et sociales.

Entre émotion et rigueur historique


Le scénario, cosigné avec Adila Bennedjaï-Zou, équilibre habilement intensité dramatique et exigence documentaire. Les analyses de l’historien Jérémie Foa nourrissent le récit, tandis que des séquences animées à l’encre de Chine et au lavis évoquent gravures et dessins de l’époque, atténuant la violence sans l’édulcorer.

Une résonance contemporaine


Plus qu’un retour sur le passé, le film interroge notre présent. Il met en lumière la mécanique universelle de la haine : fanatisme religieux, manipulation politique, fracture sociale.
En ce sens, la Saint-Barthélemy devient le prototype des exterminations ultérieures. L’histoire, revisitée comme un thriller, éclaire d’un jour cru et nécessaire la fragilité de nos sociétés face aux extrémismes.
Emma Dalzac
par
"Formée au journalisme, Emma Dalzac suit l'actualité des programmes TV, des séries et du divertissement. Elle s'intéresse aussi aux coulisses des émissions, aux films et aux tendances qui rythment le petit écran."

Vos avis

Ce documentaire -fiction très interessant et bien conçu (associant personnages historiques et personnages de fiction) maintenait toute notre attention
9 mois