Une attaque d’ampleur sur le territoire russe
Ce week-end, près de 600 drones ukrainiens ont ciblé quatorze régions russes, jusqu’à la banlieue de Moscou, la Crimée annexée et la mer Noire.Quatre personnes ont été tuées, dont trois aux abords de la capitale. Une douzaine d’ouvriers ont également été blessés près d’une raffinerie.
Cette opération marque une nouvelle étape dans la capacité de l’Ukraine à frapper loin derrière la ligne de front.
Une riposte revendiquée par Kiev
Sur les réseaux sociaux, le président ukrainien a assumé ces frappes, les présentant comme une réponse directe aux bombardements récents sur Kiev, qui ont fait une vingtaine de morts quelques jours plus tôt.Cette séquence illustre l’enlisement du conflit, alors que les tentatives diplomatiques restent sans avancée concrète.
Une trêve déjà derrière les deux camps
Une pause de trois jours avait été observée à l’occasion des commémorations de la Seconde Guerre mondiale en Russie.Mais ce cessez-le-feu, négocié sous l’égide du président américain Donald Trump, a rapidement volé en éclats, chaque camp accusant l’autre de violations.
Depuis, les frappes ont repris avec intensité, y compris loin des zones de combat habituelles.
Un pouvoir russe fragilisé ?
Sur le terrain, la progression de l’armée russe ralentit depuis plusieurs mois, tandis que l’Ukraine multiplie les frappes en profondeur.Ces attaques alimentent l’inquiétude au sein de la population russe et interrogent la capacité du Kremlin à assurer la sécurité du territoire.
Le contexte intérieur ajoute à cette tension : la popularité de Vladimir Poutine est passée sous les 70 % en avril, tandis que la situation économique montre des signes de ralentissement.
Dans le même temps, les mesures de sécurité autour du président russe auraient été renforcées, avec des restrictions accrues pour son entourage et des déplacements plus limités.
Une démonstration militaire inhabituelle
Le 9 mai, le traditionnel défilé militaire s’est tenu sans matériel, une première depuis dix-huit ans.Un choix qui a nourri les interrogations sur l’état réel des capacités militaires russes et sur le message envoyé à la population.
Une tension accrue aux frontières
Ce lundi, la Russie et la Biélorussie ont lancé des exercices impliquant des armes nucléaires.Une initiative observée de près, alors que Kiev redoute une nouvelle offensive depuis le territoire biélorusse.
Dans ce pays, récemment secoué par une crise politique, la vigilance reste élevée après plusieurs incursions de drones.
Les invités de C dans l’air
- Général Dominique Trinquand – ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU
- Marie Jégo – journaliste au Monde, ancienne correspondante à Moscou
- Vera Grantseva – politologue, spécialiste de la Russie
- Alain Pirot – journaliste et réalisateur, spécialiste des questions de défense

















Vos avis