Le Canard à l’orange (théâtre) : un duel amoureux savoureux sur France 4

Publié le vendredi 13 février 2026 à 07h44 4 min
Ce vendredi 13 février à 21.00, France 4 rediffuse la mise en scène de Nicolas Briançon du célèbre vaudeville anglais. Une partie d’échecs conjugale où l’adultère devient stratégie et où chaque réplique cache un coup d’avance.
Le Canard à l’orange (théâtre) : un duel amoureux savoureux sur France 4
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Un mari trompé… qui reprend la main

« Comme je travaille à la BBC, il est tout à fait normal que ce soit la télévision qui m’ait appris que je suis cocu. » Dès les premières minutes, le ton est donné. Hugh Preston, animateur vedette au charme cabotin, apprend que son épouse Liz entretient une liaison et prévoit de partir avec son amant le dimanche suivant. Plutôt que de céder à la colère, il choisit la tactique. Par un mensonge habile, il pousse Liz à avouer. Puis, avec un aplomb déconcertant, il propose de prendre tous les torts lors du divorce en se laissant surprendre en flagrant délit avec sa secrétaire. Un plan aussi élégant qu’ambigu. Car derrière la galanterie affichée, Hugh prépare surtout sa contre-attaque.

Un week-end sous haute tension

Pour orchestrer sa mise en scène, Hugh invite l’amant, John Brownlow, à passer le week-end dans leur maison. S’ajoute à la distribution Mlle Forsyth, jeune femme ambitieuse, tandis que Mme Gray veille aux fourneaux en préparant le fameux canard à l’orange. Entre bons mots absurdes et verres d’alcool bien remplis, Preston brouille les pistes. Il amuse, provoque, manipule. Comme un joueur d’échecs, il accepte de faire le fou pour protéger sa reine. Lorsque Liz découvre qu’il ignorait en réalité tout de sa liaison et qu’il lui a tendu un piège, elle accepte finalement le jeu pour lui prouver que son amant lui est supérieur. Le duel devient alors frontal, presque sentimental.

Une mécanique de boulevard parfaitement huilée

Créée par William Douglas Home, la pièce est un classique du théâtre de boulevard anglais. En France, Jean Poiret puis Michel Roux ont marqué le rôle d’Hugh Preston. En 2018, Nicolas Briançon s’en est emparé avec une énergie renouvelée au Théâtre de Paris. Face à lui, Anne Charrier compose une Liz aussi troublée que déterminée. François Vincentelli s’amuse d’un rival un peu dépassé, tandis qu’Alice Dufour et Sophie Artur complètent avec finesse ce quintette aux équilibres fragiles.

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Une comédie plus fine qu’il n’y paraît

Sous ses allures légères, Le Canard à l’orange interroge le couple, l’orgueil et la jalousie. Hugh est volage mais amoureux. Liz est adultère mais encore attachée. Aucun n’est totalement coupable ni totalement innocent. La pièce joue sur cette zone grise, où l’humour sert autant à blesser qu’à séduire. Cette ambiguïté explique sans doute sa longévité : derrière les éclats de rire, le public reconnaît ses propres contradictions. À l’image de cette comparaison savoureuse entre l’adultère et la bière brune : « Avant de la boire, je suis perplexe, quand je la bois, je suis inquiet, quand je l’ai bue, je suis malade. »

Pourquoi cette rediffusion mérite le détour

Diffusée ce vendredi 13 février à 21.00 sur France 4, cette captation (120 minutes) permet de redécouvrir un classique du boulevard dans une version moderne et rythmée. À l’heure où les fictions télé explorent de plus en plus les fractures conjugales, cette comédie rappelle que le rire peut être une arme redoutable. Et qu’en amour, comme aux échecs, la victoire ne tient parfois qu’à un coup d’avance.
Emma Dalzac
par Emma Dalzac
"Emma est passionnée de TV depuis toujours, elle aime en parler... parfois trop.
A vous de juger."

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