Une intrigue inspirée de l’univers d’Hitchcock
Dans Le crime du 3e étage, Rémi Besançon imagine une intrigue directement inspirée de Fenêtre sur cour (1954), l’un des films les plus emblématiques d’Alfred Hitchcock. Laetitia Casta y incarne une professeure de cinéma spécialiste du réalisateur britannique. Sa passion pour son œuvre va pourtant prendre une tournure inattendue lorsqu’elle commence à soupçonner son voisin du troisième étage d’avoir assassiné sa compagne. Ce voisin mystérieux, interprété par Guillaume Gallienne, devient rapidement le centre de toutes les suspicions. À mesure que l’enquête improvisée progresse, le doute s’installe et transforme le quotidien du couple formé par les personnages de Laetitia Casta et Gilles Lellouche. Le film joue ainsi avec un principe simple : observer, interpréter et tenter de démêler le vrai du faux, comme dans le classique hitchcockien.Un film qui assume pleinement son côté méta
Rémi Besançon ne se contente pas de reprendre les codes du suspense. Il construit aussi un film très conscient de ses références. La fascination pour Alfred Hitchcock devient même un élément central du récit. Les analyses passionnées du personnage de Laetitia Casta, qui décortique les films du cinéaste, rythment plusieurs séquences et donnent au long‑métrage une dimension presque pédagogique. L’une des scènes les plus marquantes imagine d’ailleurs une conversation recréée avec le réalisateur de Psychose. Un moment à la fois amusant et touchant qui souligne l’influence durable de son cinéma. Ce choix de mise en abyme constitue l’un des aspects les plus singuliers du film, qui assume clairement son statut d’hommage.Un trio d’acteurs au cœur du projet
Si l’intrigue policière sert de moteur, Le crime du 3e étage repose avant tout sur la dynamique entre ses trois interprètes principaux. Gilles Lellouche retrouve ici le registre de la comédie après plusieurs rôles dans des drames récents. Face à lui, Laetitia Casta compose une héroïne passionnée et un peu obsessionnelle, dont les certitudes vont progressivement entraîner son entourage dans l’enquête. Guillaume Gallienne, dans le rôle du voisin suspect, apporte une ambiguïté savoureuse. Son personnage oscille entre charme et malaise, nourrissant constamment le doute. Le film se permet aussi quelques scènes plus décalées, notamment une confrontation utilisant des lunettes Meta, qui introduit une touche contemporaine dans cette intrigue inspirée d’un classique du cinéma.Le crime du 3e étage bande-annonce
Un hommage respectueux mais sans grande surprise
Malgré son amour évident pour l’œuvre d’Hitchcock, le film peine parfois à installer une véritable tension dramatique. Après un premier acte qui pose efficacement le mystère, le rythme s’essouffle et l’enquête progresse sans véritable retournement marquant. Le projet semble alors privilégier l’hommage et la comédie romantique entre les personnages incarnés par Gilles Lellouche et Laetitia Casta. Leur relation, fragilisée au départ, évolue au fil de cette enquête improvisée.Ce choix narratif révèle finalement l’intention du réalisateur : célébrer un imaginaire cinéphile plutôt que rivaliser avec le maître du suspense. Et c’est peut‑être là que réside l’intérêt du film. Le crime du 3e étage (en salles de cinéma à partir du mercredi 11 mars 2026) s’inscrit moins comme un thriller que comme une déclaration d’amour au cinéma d’Alfred Hitchcock, revisitée avec humour et légèreté.


















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