Sur France 5, Marina Carrère d’Encausse brise le tabou du désir après 70 ans
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Avec « Vieillir et jouir sans entraves », diffusé mardi 3 février 2026 à 21.05, France 5 ouvre un espace de parole rare sur la sexualité des seniors, entre témoignages intimes, regard médical et réflexion sociale.
Un tabou encore tenace au cœur du documentaire
Parler de désir et de sexualité après 70 ans reste difficile dans l’espace public. C’est précisément ce silence que Marina Carrère d’Encausse choisit de questionner, en donnant la parole à celles et ceux que l’on préfère souvent ne plus regarder sous l’angle du désir. Le point de départ est simple : si le corps change avec l’âge, l’élan affectif et intime, lui, ne disparaît pas forcément. Le film rappelle que le refus collectif d’admettre cette réalité peut freiner, voire inhiber, les envies de nombreuses personnes âgées.
Quand la science rappelle les bienfaits de l’intime
Une énergie qui ne s’éteint pas avec le temps
Le documentaire s’appuie sur des données médicales pour rappeler que la sexualité joue un rôle bénéfique à tout âge. Lien au partenaire, sommeil, moral, confiance en soi : les effets positifs s’inscrivent bien au-delà du moment intime lui-même. Hormones du plaisir, de l’attachement ou du bien-être sont évoquées sans sensationnalisme, mais avec pédagogie, pour souligner un message central : l’intimité participe aussi à la qualité du vieillissement.
Des témoignages rares, entre pudeur et liberté
Célébrités et anonymes à visage découvert
Pierre Arditi, Macha Méril, Antoine de Caunes, Laure Adler ou Gérard Hernandez acceptent, parfois pour la première fois, d’évoquer ce sujet très personnel. Leurs paroles croisent celles de couples de longue date, de nouveaux amoureux octogénaires ou de seniors célibataires. Ces récits dessinent une réalité nuancée, faite de désir, de tendresse, de curiosité, mais aussi de doutes, de maladies et d’adaptations nécessaires.
Ehpad et vie intime : une question encore sensible
Le film met en lumière une contradiction persistante. Si la loi n’interdit pas la vie sexuelle en établissement, peu de structures sont réellement pensées pour la respecter. Séparations de couples, absence d’intimité, gêne du personnel : autant de situations qui peuvent mener à une forme de maltraitance involontaire. Le documentaire invite à regarder ces pratiques comme un enjeu de dignité, plus que de bienséance.
Des initiatives qui ouvrent d’autres perspectives
Changer le regard et les pratiques
Mais le constat n’est pas uniquement critique. Le film montre aussi des alternatives : résidences plus inclusives, formation du personnel, lieux dédiés aux seniors LGBT, accompagnement par des sexologues spécialisées. À l’étranger, certaines expériences interrogent également nos modèles, notamment sur l’accompagnement de l’intimité chez les personnes très dépendantes. Des pistes encore minoritaires, mais qui dessinent un futur possible.
Une réflexion qui dépasse la télévision
Au-delà du sujet de la sexualité, « Vieillir et jouir sans entraves » pose une question plus large : quelle place notre société réserve-t-elle à ceux qui vieillissent aujourd’hui, après avoir revendiqué liberté et émancipation hier ? En choisissant un ton posé et incarné, Marina Carrère d’Encausse inscrit ce documentaire dans une réflexion durable, loin de la provocation gratuite. Un regard qui interpelle autant les téléspectateurs d’aujourd’hui que les seniors de demain.
par Emma Dalzac "Formée au journalisme, Emma Dalzac suit l'actualité des programmes TV, des séries et du divertissement. Elle s'intéresse aussi aux coulisses des émissions, aux films et aux tendances qui rythment le petit écran."
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