Johnny Guitare
Johnny Guitare, cow-boy musicien, arrive dans un saloon isolé tenu par une femme, Vienna. Les notables de la région l'accusent d'abriter un groupe de hors-la-loi. La bande vient d'attaquer une diligence et de tuer un homme. A la tête des éleveurs décidés à se débarrasser des vauriens se trouve Emma Small, la soeur de la victime. Elle est éperdument amoureuse du chef de la bande, Dancing Kid. Jalouse de la belle et très libre Vienna, elle l'implique dans le meurtre et réclame sa tête. Johnny Guitare se retrouve lui aussi au coeur de la machination. La méchanceté d'Emma porte bientôt ses fruits. La vindicte populaire prend le pas sur la raison...
Notre critique
Nicholas Ray embrase la pellicule. Un grand classique, incendiaire, aux couleurs flamboyantes.
Vidéo Johnny Guitare
Rôles principaux
Vienna
Johnny 'Guitar' Logan
Emma Small
John McIvers
Dancing Kid
Bart Lonergan


























Ce film constitue un Western atypique et résolument avant-gardiste. Bien que l'œuvre de Nicholas Ray réalisée en 1953 semble adopter les codes d'un Western classique par ses décors (canyon, saloon) et son scénario (attaques de diligences, hold up, lynchage, duels...), elle s'en détache fondamentalement. En effet, Ray place au centre de son récit deux femmes de tête qui assument le rôle de leader traditionnellement réservé aux hommes. « Johnny Guitar » devient ainsi l'histoire de l'antagonisme virulent qui oppose ces deux femmes... D'un côté, nous avons une femme libre d'esprit, à la sensualité épanouie très moderne pour l'époque (Vienna), magistralement interprétée par Joan Crawford ; de l'autre, une marâtre rêche et exécrable (Emma), portée par une composition de premier plan de la part de Mercede McCambridge, absolument démoniaque. Il s'agit d'une véritable satire sociale, voire, pour aller plus loin, d'un film très engagé pour l'époque. Tout est culte dans ce film d'une classe rare : de l'histoire sans temps morts aux acteurs, en passant par la chanson de Victor Young, l'ensemble est sublime. C'est pourquoi, sans hésiter, je classe ce film au panthéon des Westerns.