Un plateau placé sous le signe du vivant
Pour ce nouveau numéro de La Grande Librairie sur France 5, Augustin Trapenard accueille Bernard Werber, Gaspard Koenig, Simonetta Greggio, Jean-Yves Jouannais et Pauline Peyrade. Un point commun traverse leurs ouvrages : la forêt, l’eau, les animaux ou les paysages deviennent des personnages à part entière. Un choix qui résonne avec les préoccupations contemporaines, entre crise écologique et quête de sens. Depuis plusieurs saisons, l’émission aime croiser littérature et enjeux de société. Ce mercredi, la nature n’est pas un simple décor : elle agit, transforme, interroge.Bernard Werber imagine la voix d’un chêne millénaire
La Voix de l’arbre (Albin Michel)
Avec son nouveau roman, Bernard Werber mêle enquête et spéculation scientifique. Tout bascule lorsqu’une branche d’un chêne ancestral s’effondre et tue un homme sous les yeux de sa compagne, Rose. Accusée, traquée, elle cherche à prouver son innocence. Sa piste ? Donner la parole à l’arbre, témoin du drame, grâce à une machine baptisée “Arbrophone”, conçue avec un botaniste atypique. Fidèle à son goût pour les passerelles entre science et fiction, Werber dépasse ici le simple suspense. En filigrane, il interroge notre capacité – ou notre incapacité – à écouter le monde végétal. Une thématique cohérente avec son œuvre, souvent tournée vers l’invisible et l’intelligence du vivant.Gaspard Koenig ausculte la guerre de l’eau
Aqua (éditions de l’Observatoire)
Dans un village normand, la modernisation du réseau d’eau devient le point de départ d’un affrontement local. Martin Jobard, haut fonctionnaire revenu au pays, se heurte à Maria, figure généreuse et attachée à la source ancestrale. Autour d’eux gravite une galerie de personnages révélateurs des tensions contemporaines : préfète, survivaliste, hydrogéologue militante ou ministre pressé. Après Humus, Gaspard Koenig poursuit son exploration romanesque des éléments. L’eau devient ici un révélateur politique et intime. Derrière la satire sociale, le roman pose une question simple : à qui appartient le vivant ?Simonetta Greggio, portrait d’une femme-forêt
Le souffle de la forêt (Arthaud)
Simonetta Greggio retrace la vie singulière de Simona Gabriela Kossak, biologiste ayant choisi de vivre au cœur de la forêt primaire de Białowieża, en Pologne. Élevée dans un cadre aristocratique, elle s’éloigne du confort pour partager son quotidien avec lynx, sangliers et corbeaux, dans une maison sans eau courante ni électricité. Plus qu’une biographie, le livre esquisse le portrait d’une femme engagée, dont l’existence tient lieu de manifeste. Une figure qui incarne, avant l’heure, une forme de résistance écologique.Jean-Yves Jouannais et la forêt comme terrain d’absurde
Une forêt (Albin Michel)
Écrivain et critique d’art, Jean-Yves Jouannais propose un récit où l’ironie et l’érudition se croisent. À travers le personnage du capitaine Lenz, embarqué dans une affaire inattendue autour d’oiseaux allemands, il joue avec l’Histoire et le décalage. La forêt devient ici un espace mental, presque philosophique. Après ses travaux sur la guerre et l’idiotie, Jouannais poursuit son exploration des zones grises du récit et de la mémoire.Pauline Peyrade donne voix aux “habitantes”
Les Habitantes (Minuit)
Lauréate du prix Goncourt du premier roman en 2023 pour L’Âge de détruire, Pauline Peyrade revient avec un texte où humains et non-humains coexistent sur un même plan. Dans un hameau entouré de collines et de champs, Emily vit avec sa chienne Loyse dans la maison familiale. Son quotidien tranquille vacille lorsqu’elle apprend la mise en vente du lieu. Animaux, arbres, paysages : tous participent à la narration. Cette écriture chorale élargit le regard et questionne l’attachement aux lieux. Que reste-t-il d’un foyer quand il menace de disparaître ?Une émission en phase avec son époque
En réunissant ces auteurs, Augustin Trapenard compose un plateau cohérent, presque thématique. La forêt, l’eau, la terre ne sont plus des arrière-plans mais des acteurs. Ce choix éditorial reflète l’évolution du débat littéraire : les romans contemporains explorent désormais les liens entre intime et environnemental. La fiction devient un laboratoire d’idées. Reste à voir comment ces voix, très différentes, dialogueront sur le plateau. Une conversation qui pourrait bien éclairer, autrement, notre manière d’habiter le monde.👉Cette semaine, nos invités tentent de décrypter et de célébrer le langage de la nature !
📚@Atrapenard reçoit Gaspard Koenig, Simonetta Greggio, @Werbernard, Jean-Yves Jouannais et Pauline Peyrade.
📺Rdv mercredi 18 février à 21h05 sur France 5 et sur @FranceTV ! pic.twitter.com/ZxhyGL0i5o
— La Grande Librairie (@GrandeLibrairie) February 18, 2026


















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