Citant nommément Pascal Praud, le texte l’a incité à répondre publiquement. Il a ainsi profité de son émission matinale pour revenir sur certains propos tenus ces dernières semaines sur CNews, Europe 1 et Le Journal du Dimanche, trois entités du groupe Bolloré. « Expliquer que la Russie a remporté une guerre de position en Ukraine et qu’elle est aujourd’hui en position de force face à son adversaire, ce n’est pas défendre la Russie », a-t-il déclaré.
L’article du Monde pointe notamment une évolution des discours au sein de ces médias, attribuant ce revirement à l’influence des positions de Donald Trump et J.D. Vance en faveur de Vladimir Poutine. Le quotidien estime que ces déclarations ont contribué à briser un « tabou » en France, notamment au sein de l’extrême droite.
« Accueillir Xenia Fedorova, ce n’est pas défendre la Russie, c’est offrir une tribune à une voix alternative »
Pascal Praud a également tenu à justifier la décision de la maison d’édition Fayard – également sous le giron Bolloré – de publier Bannie, le livre de Xenia Fedorova, ancienne présidente de Russia Today, ainsi que son invitation sur le plateau de CNews. « Accueillir Xenia Fedorova, ce n’est pas défendre la Russie, c’est offrir une tribune à une voix alternative », s’est-il justifié.
Lors de cette interview, le présentateur assure avoir maintenu une posture équilibrée : « J’ai rappelé que la Russie était l’agresseur, que ce pays n’était pas une démocratie et que les opposants à Vladimir Poutine, comme Alexeï Navalny, risquaient la prison. Je ne crois pas que ces propos puissent être interprétés comme un soutien à la Russie. »
Dans son édito, Pascal Praud ne s’est pas contenté de défendre sa position, il a également attaqué Le Monde, accusant le journal d’abandonner « la vérité des faits » et l’« honnêteté de l’information » au profit d’une ligne éditoriale qu’il juge marquée à l’extrême gauche. Une critique qui s’inscrit dans une riposte plus large face aux accusations du quotidien, qui documente, selon lui, de manière détaillée le virage idéologique des médias du groupe Bolloré en faveur de Trump et, par extension, de ses prises de position sur la Russie et l’Ukraine, souvent en opposition à celles de l’Europe et d’Emmanuel Macron.
L’article de Le Monde compile un large éventail d’exemples issus des plateaux de CNews, de Touche Pas à Mon Poste, des émissions d’Europe 1 et des colonnes du Journal du Dimanche. Parmi les personnalités mises en avant figurent Laurence Ferrari, Cyril Hanouna, Philippe de Villiers, mais aussi Pascal Praud, cité à plusieurs reprises.
« Le succès de CNews dérange ceux qui voudraient imposer une pensée unique.
Ce dernier conclut en dénonçant ce qu’il perçoit comme une tentative de restreindre la diversité des opinions : « Le succès de CNews dérange ceux qui voudraient imposer une pensée unique. Tous les coups sont permis, y compris la diffusion de contrevérités. » Un argument récurrent chez les figures du groupe Bolloré, qui se posent en défenseurs de la « liberté d’expression et du pluralisme », bien que cette revendication ne semble pas être partagée par tous.
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