Malditos : la saga gitane portée par Céline Sallette disponible sur Max

Publié le vendredi 2 mai 2025 à 08h38
Présentée en compétition officielle à CanneSéries 2025, Malditos plonge au cœur d’une communauté gitane en sursis, installée dans un parc d’attractions abandonné du sud de la France. Entre tensions familiales, rivalités ancestrales et menace écologique, cette série singulière réalisée par Jean-Charles Hue et Olivier Prieur mêle réalisme social et fièvre mystique. Une fresque tragique et viscérale, portée par une distribution habitée et une mise en scène hors des sentiers battus.
Malditos : la saga gitane portée par Céline Sallette disponible sur Max

Une série française hors norme en compétition


Seule représentante tricolore à CanneSéries 2025, Malditos se distingue par son audace formelle et narrative. Ce thriller dramatique, coréalisé par Jean-Charles Hue et Olivier Prieur, s’immerge dans le quotidien d’une communauté gitane installée dans une fête foraine délabrée du sud de la France, menacée d’expulsion par la montée des eaux. Menée par Céline Sallette dans le rôle de Sara Torrès, matriarche inflexible, la série conjugue tensions sociales, réalisme brut et accents fantastiques. Pour Sallette, le projet avait tout d’une évidence : « Quand Jean-Charles s’attaque à une série, c’est forcément singulier. » Réputé pour ses films consacrés aux Yéniches (La BM du Seigneur, Mange tes morts), Hue transpose ici son regard ethnographique dans une fiction plus onirique, sans perdre de son intensité.

Malditos bande-annonce vidéo Max


video


Une tragédie familiale entre loyauté et survie


Au cœur du récit, la quête de Sara pour sauver les siens la pousse à solliciter l’aide d’un clan andalou rival, les Amaya. Mais l’accueil est glacial, lesté par de vieilles rancunes et un secret : la mort de son mari, dissimulée depuis sept ans. Dans cet univers où l’honneur prime sur tout, le moindre mensonge peut tout faire basculer. Les Torrès doivent alors naviguer entre trahisons, trafics et violences larvées. La série prend les allures d’une tragédie shakespearienne, où les passions familiales alimentent une tension croissante, jusqu’à la chute annoncée. Pour Céline Sallette, Malditos « montre comment la violence naît de la précarité, et engendre à son tour l’exclusion ».

Une intensité portée par ses interprètes


Parmi les révélations, Darren Muselet (Tony) crève l’écran aux côtés de Pablo Cobo (Joe), son frère à l’écran comme dans la vie artistique, après Jeunesse sauvage. Leur jeu brut, presque instinctif, donne chair à des personnages à la dérive, traversés par la rage et les silences. Muselet confie s’être volontairement mis en tension pour chaque scène : « Je me mettais à cran, je dormais peu. » À l’opposé, Cobo incarne un calme menaçant, créant un duo aussi instable qu’aimant. Cette alchimie donne à la série une densité émotionnelle rare, que renforce l’ancrage physique et psychologique de Céline Sallette, cheffe de clan autoritaire et stratège, qui s’est fondue dans les codes de la communauté jusqu’à effacer toute distance.

Un ovni narratif dans le paysage sériel français


Malditos déjoue les formats standardisés en privilégiant une écriture sensorielle, viscérale, enracinée dans un territoire et une culture marginalisée. Ce pari, porté par la plateforme Max, s’inscrit dans une nouvelle lignée de créations françaises ambitieuses et singulières, à l’image de Une amie dévouée ou Le Sens des choses. À rebours des recettes calibrées, Hue et Prieur signent ici une œuvre libre, dense, parfois rude mais toujours habitée, où même la violence laisse entrevoir des failles humaines. Une série qui dérange, secoue, et qui, surtout, ne ressemble à aucune autre.

Malditos est disponible en streaming dès ce vendredi 2 mai 2025 sur la plateforme Max.
 

Céline Sallette et Damien Bonnard nous plongent dans l'univers de Malditos


video

TV-Programme.com
par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"

L'article parle de...

Malditos Max Céline Salette Gitan
Vos avis   Je donne mon avis

tv-programme.com