Smashing Machine : Dwayne Johnson interprète Mark Kerr, le champion de MMA
Dans Smashing Machine, en salles le 29 octobre, Dwayne Johnson se métamorphose pour incarner le combattant de MMA Mark Kerr, légende aussi puissante que fragile. Dirigé par Benny Safdie, le biopic explore la violence des rings et la vulnérabilité d’un homme broyé par sa propre légende. Une performance saisissante, loin des blockbusters habituels de la star, déjà annoncée comme l’une des plus marquantes de l’année.

« Smashing Machine » : Dwayne Johnson, corps et âme, dans la peau du champion de MMA Mark Kerr
Un biopic viscéral signé Benny Safdie
Avec Smashing Machine, en salles ce 29 octobre, le réalisateur new-yorkais Benny Safdie livre un biopic aussi brutal qu’introspectif sur Mark Kerr, figure mythique mais oubliée du MMA. Devant sa caméra granuleuse au format 4:3, Dwayne Johnson se métamorphose littéralement pour incarner cet athlète déchiré entre gloire et chute, offrant la performance la plus bouleversante de sa carrière.
Un plongeon dans la violence et la solitude
Dès les premières images, le ton est donné : les combats s’enchaînent dans une atmosphère de VHS usée, saturée de sueur et de lumière crue. Les corps s’entrechoquent, se brisent sous les cris du public. Au centre, Mark Kerr, colosse taillé dans le roc, surnommé The Smashing Machine. Cette entrée fracassante annonce la double ambition du film : restituer la fureur des rings tout en dévoilant la vulnérabilité de l’homme derrière la légende.
Un portrait d’homme avant tout
Safdie, ici sans son frère Josh (Uncut Gems, Good Time), s’attache à observer la trajectoire d’un pionnier du MMA, de la gloire des années 1997-2000 à la descente aux enfers. Sport méconnu et jugé trop violent aux États-Unis, le MMA n’offrait à Kerr qu’un exil glorieux au Japon, où il était adulé comme un héros.
Le film s’inspire du documentaire de 2002, The Smashing Machine: The Life and Times of Extreme Fighter Mark Kerr, que Dwayne Johnson a découvert avec fascination. Touché par ce destin de titan brisé, il a lui-même initié le projet, cherchant à s’émanciper de son image d’action hero pour explorer la fragilité d’un homme prisonnier de son propre corps.
Un Dwayne Johnson méconnaissable
Pour habiter Mark Kerr, l’acteur s’est soumis à une transformation impressionnante : plus de quatorze kilos de muscles supplémentaires, des prothèses faciales complexes et plusieurs heures de maquillage quotidien. Mais au-delà du physique, c’est la douceur inattendue de Johnson qui bouleverse.
Dans une scène d’une simplicité désarmante, on le voit, massif et fatigué, contempler le ciel depuis le hublot d’un avion. Derrière le guerrier, un homme usé, presque enfantin. C’est là que réside la réussite du film : dans ces moments suspendus où la machine laisse place à la chair.
Addictions, amour et rédemption
Le récit s’enfonce dans les fêlures du champion : la dépendance aux opioïdes, les blessures, la perte de repères. Face à lui, Mark Coleman (interprété par le vrai combattant Ryan Bader) incarne un mentor et ami d’une sincérité bouleversante. Leur complicité, presque fraternelle, forme le cœur émotionnel du film.
Seule ombre au tableau : la relation entre Kerr et sa compagne Dawn Staples (Emily Blunt), trop caricaturale pour émouvoir malgré le talent de l’actrice. Son personnage peine à dépasser le rôle de compagne hystérique, laissant la lumière se concentrer sur la douleur du protagoniste.
La mise en scène : entre rage et poésie
Benny Safdie signe une réalisation hypnotique, presque documentaire. Loin des excès habituels du cinéma de combat, il filme les affrontements avec une froide précision clinique, refusant l’héroïsme pour capter la solitude et la banalité du ring.
Les compositions jazz éthérées de la harpiste Nala Sinephro contrastent magnifiquement avec la brutalité des images, instaurant une mélancolie diffuse. Ce mélange d’énergie et de contemplation a valu à Safdie le Lion d’argent de la meilleure réalisation à la Mostra de Venise.
Avec Smashing Machine, Dwayne Johnson livre la performance la plus sincère et déchirante de sa carrière. Benny Safdie, lui, transcende le biopic sportif pour en faire une tragédie humaine sur la chute et la rédemption.
Loin des blockbusters calibrés, le film explore la face cachée de la force et la douleur silencieuse d’un homme brisé. Une œuvre qui marque autant par sa rage que par sa tendresse.

par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
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