C dans l'air : adoption du budget de la Sécurité Sociale. Les invités du mercredi 10 décembre 2025

Publié le mercredi 10 décembre 2025 à 16h42
À seulement treize voix d’écart, l’Assemblée nationale a adopté le budget de la Sécurité sociale, révélant les fragiles équilibres politiques et les nouvelles lignes de fracture au Parlement. Entre stratégie assumée du Premier ministre, concessions de dernière minute et tensions ouvertes au sein de la gauche, ce vote marque un tournant dans la recomposition des alliances, tandis que les débats sur le budget de l’État et la dérive de la dette s’annoncent explosifs.
C dans l'air : adoption du budget de la Sécurité Sociale. Les invités du mercredi 10 décembre 2025

C dans l’air du 10 décembre 2025 - Budget de la Sécurité sociale : un vote serré qui recompose le paysage politique


Le budget de la Sécurité sociale a été adopté à l’Assemblée nationale à seulement 13 voix d’écart, au terme d’un scrutin longtemps incertain. Jusqu’au dernier moment, l’issue du vote est restée indécise. Cette fois, la méthode du Premier ministre a porté ses fruits : Sébastien Lecornu a tenu sa promesse de ne pas recourir à l’article 49-3 et a obtenu l’adhésion – ou la neutralité – des groupes socialistes et écologistes, grâce à des concessions négociées in extremis.

Nommé à Matignon il y a trois mois, le chef du gouvernement ressort provisoirement renforcé de cette séquence à haut risque. Le vote a toutefois mis en lumière une Assemblée nationale profondément fragmentée, où les clivages traditionnels se brouillent et les alliances se redessinent.

Des équilibres politiques bouleversés


Les groupes Renaissance et MoDem ont voté de manière disciplinée. Les Républicains ont, pour la plupart, choisi l’abstention, sur la ligne défendue par Laurent Wauquiez.

Au sein du Parti socialiste, 63 députés sur 69 ont soutenu le texte, revendiquant une posture de « responsabilité » et mettant en avant plusieurs avancées obtenues :
  • la suspension de la réforme des retraites,
  • l’absence de gel des pensions,
  • l’abandon du doublement des franchises médicales,
  • le relèvement de l’Ondam à 3 %.

À l’inverse, La France insoumise a dénoncé un « changement d’alliance » des socialistes et parlé de trahison. Le groupe dirigé par Mathilde Panot a rejeté en bloc le PLFSS, qualifié « d’aberration budgétaire ».
Même rejet du côté du Rassemblement national, qui misait sur l’échec du texte et réclamait, depuis plusieurs jours, une nouvelle dissolution.

Et maintenant ? La suite du calendrier budgétaire


Le texte repart désormais au Sénat, avant un retour à l’Assemblée nationale pour une dernière lecture attendue autour du 16 décembre.

En parallèle, le budget de l’État pour 2026 s’impose déjà comme le prochain grand test politique. En Conseil des ministres, Sébastien Lecornu a réaffirmé sa volonté de doter le pays d’un budget d’ici le 31 décembre, estimant cet objectif atteignable.

En cas de blocage entre députés et sénateurs lors de la commission mixte paritaire du 19 décembre, le gouvernement n’exclut pas un report des discussions en janvier, comme l’a indiqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Pour prévenir toute paralysie des finances publiques, Matignon et Bercy préparent également une « loi spéciale », selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous.

Un débat relancé sur la dette publique


Dans ce contexte budgétaire tendu, un rapport du think tank Terra Nova, publié le 8 décembre et intitulé « Comptes publics : en finir avec le n’importe quoi (qu’il en coûte) », suscite de vives réactions.

Son auteur, l’économiste Guillaume Hannezo, avance deux pistes pour freiner l’augmentation de la dette :
  • une baisse du taux d’épargne des retraités,
  • une hausse de la TVA.

Il a accordé une interview à nos journalistes.

Les questions au cœur de l’émission


L’émission revient sur trois grands enjeux :
  • les principales mesures du PLFSS 2026,
  • les enseignements politiques de ce vote à l’Assemblée,
  • et le contenu du dernier livre de Nicolas Sarkozy, Le Journal d’un prisonnier.

Les invités

  • Jérôme Jaffré, politologue, chercheur associé au CEVIPOF
  • Cécile Cornudet, éditorialiste politique, Les Échos
  • Soazig Quéméner, rédactrice en chef, La Tribune Dimanche
  • Sylvie Pierre-Brossolette, éditorialiste politique, Le Point
TV-Programme.com
par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
Vos avis   Je donne mon avis

tv-programme.com