C dans l'air : la neige et la pagaille. Les invités du mercredi 7 janvier 2026.
Neige abondante, routes bloquées, transports à l’arrêt et hôpitaux sous pression : l’épisode hivernal qui frappe la France révèle de profondes fragilités. Entre prévisions météo contestées, moyens en baisse et services publics saturés, la question se pose : pourquoi le pays semble-t-il de moins en moins préparé face aux aléas climatiques extrêmes ?

C dans l’air du 7 janvier 2026 : Neige, chaos et prévisions météo : pourquoi la France a été débordée
Le retour massif de la neige ce mercredi a plongé une grande partie du pays dans de sérieuses difficultés. Sur un vaste couloir allant du Poitou-Charentes jusqu’à la frontière belge, en passant par le Centre-Val de Loire et l’Île-de-France, 38 départements ont été placés en vigilance orange “neige-verglas” par Météo-France.
Routes impraticables, carambolages, transports scolaires suspendus, bus immobilisés, vols annulés et trafic ferroviaire ralenti : l’épisode hivernal a fortement perturbé le quotidien de millions de Français. Le froid intense, installé depuis plusieurs jours, a aggravé une situation déjà fragile.
Grand froid : une alerte qui dure et des conséquences en chaîne
Depuis plus d’une semaine, les plans Grand Froid sont activés dans près de quarante départements. Les températures négatives prolongées ravivent le débat sur la réquisition des logements vacants pour héberger les personnes sans abri, tandis qu’une “bombe météorologique” est annoncée pour la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du pays.
Ce cocktail météo exceptionnel met à l’épreuve l’ensemble des services publics, de la voirie aux hôpitaux.
Neige et verglas : une gestion sous le feu des critiques
L’épisode neigeux a déjà coûté la vie à au moins cinq personnes sur les routes depuis lundi. En Île-de-France, la situation a été particulièrement chaotique : près de 1 000 kilomètres de bouchons cumulés, de nombreuses lignes de bus interrompues et des axes majeurs paralysés.
Interpellé sur cette pagaille, le ministre des Transports a pointé du doigt Météo-France, estimant que l’établissement public avait sous-évalué l’ampleur des chutes de neige. Selon lui, trois centimètres étaient annoncés à Paris, alors que jusqu’à huit centimètres ont été mesurés en petite couronne et dans la capitale.
Météo-France se défend face aux accusations
Mis en cause, Météo-France a rapidement répondu en rappelant que l’épisode du lundi 5 janvier avait été signalé dès le samedi, avec des ajustements progressifs liés à la complexité des phénomènes neigeux.
Sébastien Delecray, secrétaire général du syndicat FO de Météo-France, reconnaît une légère sous-estimation, tout en dénonçant une lecture biaisée des chiffres :
« Le ministre a retenu la fourchette basse des prévisions et la fourchette haute des relevés. »
Il insiste également sur un point souvent méconnu : malgré l’automatisation croissante, les bulletins de vigilance restent rédigés par des prévisionnistes humains, et non par des algorithmes seuls.
Des moyens en baisse face à des événements plus extrêmes
Cette polémique remet en lumière la question des ressources de Météo-France. Un rapport du Sénat publié en 2021 alertait déjà sur une réduction continue des moyens :
- 600 postes supprimés en dix ans
- une subvention de l’État en baisse de 20 %
Le sénateur Vincent Capo-Canellas soulignait alors que les effectifs avaient diminué d’un quart et que les antennes territoriales avaient été réduites des deux tiers, fragilisant la capacité d’anticipation locale.
Hôpitaux sous tension : la triple peine de l’hiver
La météo hivernale frappe aussi un système de santé déjà éprouvé. Entre la neige, la grève des médecins généralistes, et les épidémies saisonnières, les services d’urgences font face à un afflux massif de patients. Dans plusieurs établissements, le plan blanc a été déclenché, signe d’une situation critique.
Des questions majeures au cœur du débat
Cet épisode soulève de nombreuses interrogations :
- Pourquoi ces perturbations semblent-elles de plus en plus difficiles à anticiper ?
- Qu’est-ce qu’une “bombe météorologique” et pourquoi est-elle redoutée ?
- Météo-France dispose-t-elle encore des moyens nécessaires face au dérèglement climatique ?
- Les hôpitaux sont-ils prêts à absorber ces chocs répétés ?
- Et à l’horizon 2030, où en sont réellement les préparatifs des JO d’hiver, déjà très critiqués ?
Les invités de C dans l’air
Pour décrypter cette situation exceptionnelle, l’émission réunit :
- Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France
- Nicolas Berrod, journaliste, chef adjoint du service santé et sciences au Parisien
- Chloé Nabédian, journaliste climat, vice-présidente de la Fondation pour la nature et l’homme
- Gilles Dansart, journaliste spécialiste des mobilités, directeur de Mobilettres
- Agnès Ricard-Hibon, porte-parole de Samu Urgences de France, médecin urgentiste en Île-de-France

par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
Vos avis Je donne mon avis













