C dans l'air : Ukraine, une issue diplomatique proche ? Les invités du mardi 16 décembre 2025
À l’heure où les États-Unis et les Européens évoquent une possible sortie de guerre en Ukraine, les discussions diplomatiques se heurtent toujours aux lignes rouges de Moscou et de Kiev, tandis que les combats se poursuivent sur le terrain. Dans ce contexte international tendu, C dans l’air analyse les perspectives d’un accord de paix, et C dans l’air – L’invité se penche sur les enjeux politiques et sécuritaires en France, entre lutte contre le narcotrafic et bras de fer budgétaire au Parlement.

C dans l’air du 16 décembre 2025 - Ukraine : vers une issue diplomatique après près de quatre ans de guerre ?
Près de quatre ans après le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine, une fenêtre diplomatique semble s’ouvrir. Lundi 15 décembre, le président américain a affirmé depuis le Bureau ovale qu’un accord de paix n’avait « jamais été aussi proche ». Cette déclaration est intervenue après un échange avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens réunis à Berlin.
Washington assure avoir proposé à Kiev des garanties de sécurité qualifiées de « très solides », inspirées de l’article 5 de l’Otan, tout en restant, selon les États-Unis, compatibles avec les exigences russes. En parallèle, plusieurs capitales européennes — Paris, Berlin et Londres notamment — ont avancé l’idée d’une force multinationale pour l’Ukraine. Constituée de pays volontaires et bénéficiant d’un appui américain, cette force viserait à soutenir durablement une armée ukrainienne forte de 800 000 soldats. Un dispositif de supervision et de vérification du cessez-le-feu, placé sous direction américaine, compléterait ce schéma. Les dirigeants européens estiment désormais que la balle est « dans le camp de Moscou » pour démontrer sa volonté de parvenir à une paix durable.
Le Kremlin s’est montré réservé. Mardi, les autorités russes ont affirmé ne pas avoir eu connaissance des propositions européennes en matière de garanties de sécurité et ont rejeté l’idée d’une trêve de Noël suggérée par Volodymyr Zelensky. Dans un entretien récent à la chaîne ABC News, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a réaffirmé que Moscou refuserait catégoriquement toute présence de forces de l’Otan ou de troupes européennes sur le territoire ukrainien.
À l’issue d’une rencontre avec le chancelier allemand Friedrich Merz à Berlin et après un entretien téléphonique avec Donald Trump, Volodymyr Zelensky a réaffirmé sa ligne rouge : aucun renoncement au Donbass. Il a évoqué une proposition américaine de zone économique libre, tout en précisant qu’elle n’impliquerait ni reconnaissance juridique ni contrôle effectif russe. « Nous ne reconnaîtrons jamais le Donbass comme russe, ni de jure ni de facto », a-t-il martelé avant de se rendre à La Haye pour un sommet du Conseil de l’Europe consacré aux réparations de guerre.
Cette réunion rassemble de hauts responsables européens autour de la création d’un mécanisme international chargé de statuer sur des indemnisations pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros. L’idée d’un « prêt de réparation » adossé aux avoirs russes gelés continue toutefois de diviser les Vingt-Sept. Si l’Allemagne et plusieurs États membres y sont favorables, la Belgique, suivie par la Bulgarie, Malte et l’Italie, s’y oppose fermement. Un arbitrage est attendu lors du sommet européen qui s’ouvre jeudi.
Sur le terrain, le conflit se poursuit et s’étend. Le Service de sécurité ukrainien a revendiqué des frappes contre deux plateformes pétrolières russes en mer Caspienne, à grande distance du territoire ukrainien, entraînant la suspension de la production de Lukoil. Kiev affirme également avoir détruit un sous-marin russe à l’aide d’un drone naval dans le port de Novorossiïsk, sur la mer Noire.
Les experts invités
- Isabelle Lasserre, correspondante diplomatique au Figaro, ancienne correspondante en Russie
- Samantha de Bendern, chercheuse en relations internationales, Chatham House
- Lucas Menget, grand reporter, réalisateur du documentaire Des trains dans la guerre
- Pierre Haroche, maître de conférences en politique européenne et internationale, Université catholique de Lille
C dans l’air l’invité du 16 décembre 2025 - Éric Ciotti, député UDR des Alpes-Maritimes
Invité de C dans l’air – L’invité, Éric Ciotti est revenu sur l’actualité politique et sécuritaire française. Cette intervention intervient alors qu’Emmanuel Macron s’est rendu mardi à Marseille, notamment sur la tombe de Mehdi Kessaci, assassiné un mois plus tôt dans un contexte lié aux réseaux de trafic de drogue. Le chef de l’État a promis une lutte sans relâche contre ces organisations criminelles, affirmant qu’elles n’avaient « aucune chance de l’emporter ».
Le président a également annoncé vouloir intensifier la coopération internationale afin de cibler les têtes de réseau à l’étranger, saisir leurs avoirs et faciliter leur arrestation. Sur le volet de la consommation de stupéfiants, Emmanuel Macron a confirmé le relèvement de l’amende forfaitaire délictuelle, portée de 200 à 500 euros.
Sur le plan parlementaire, la situation budgétaire reste tendue. Le projet de budget de la Sécurité sociale doit faire l’objet d’un ultime vote à l’Assemblée nationale, tandis que le projet de loi de finances sera examiné en commission mixte paritaire à partir de vendredi. Le gouvernement appelle à des compromis pour réduire un déficit jugé excessif.
Les négociations s’annoncent difficiles : la fermeté de la droite sénatoriale, emmenée par Bruno Retailleau, se heurte aux exigences des socialistes, qui réclament des avancées sur la fiscalité des entreprises et des hauts patrimoines. Le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, a dénoncé une remise en cause des apports de l’Assemblée nationale, estimant que cette méthode compromet les chances d’un accord.

par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
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