Plaine orientale : une série Canal+ noire entre crime, famille et identité en Corse
Dans Plaine orientale, nouvelle série originale de Canal+ signée Pierre Leccia, la Corse devient le théâtre d’une lutte de pouvoir entre justice, crime organisé et conflits identitaires. À travers le parcours de Reda, ancien détenu rejeté par ses deux origines, la série explore la mutation des trafics, les tensions raciales et les liens familiaux complexes. Un polar tendu et profondément humain, porté par des personnages féminins forts et une mise en scène viscérale.

Avec Plaine orientale, série originale en huit épisodes diffusée sur Canal+, le réalisateur Pierre Leccia — déjà connu pour Mafiosa — livre une fresque criminelle ambitieuse, où les conflits familiaux se mêlent à la guerre des territoires. « La Corse est notre premier personnage », sourit-il. « Je ne prétends pas raconter l’île dans son ensemble, mais un microcosme révélateur de ses tensions. »
Leccia s'appuie sur une caméra à l’épaule immersive pour plonger dans l'intimité d’une société traversée par des enjeux multiples : réseaux criminels, fracture identitaire, racisme, pouvoir et filiation. La série prend place dans la plaine orientale, au sud de Bastia, territoire déjà lourd de symboles et de paradoxes.
L’histoire débute avec Reda Campana (interprété par Raphaël Acloque), franco-corse et arabe, tout juste libéré de prison. Condamné à la place de ses anciens complices, il découvre qu’il n’est plus le bienvenu dans son propre clan. Simultanément, il retrouve Inès Amrani (Lina El Arabi), sa demi-sœur qu’il n’a pas vue depuis l’enfance. Ambitieuse magistrate, major de l’ENM, elle débarque en Corse pour intégrer le nouveau pôle antimafia dirigé par la redoutable juge Eva Maertens (Veerle Baetens).
Un pacte secret se forme entre Reda et Inès : renverser César Carlotti (Éric Fraticelli, tout en sobriété menaçante), figure tutélaire du crime local. Ce triangle dramatique est l’un des moteurs puissants de la série.
Plus qu’un simple récit de vengeance, Plaine orientale explore une criminalité en mutation. Après les trafics de drogue, les mafias corses investissent désormais le secteur du BTP, des déchets, et des marchés publics. « Aujourd’hui, on parle de “mafia corse” ouvertement, dans les institutions comme dans les médias. C’est nouveau », souligne Leccia. Une mafia plus horizontale que pyramidale, à l’image de celle de Calabre, composée de groupes interconnectés.
Au cœur de la série : le racisme ordinaire, quotidien, intériorisé. Le personnage d’Alexandra (Antonia Desplats), fille de Carlotti et amante de Reda, s’insurge : « Le monde ne se résume pas aux Arabes d’un côté et aux Corses de l’autre. » Son père tranche, glacial : « Le mien, si. »
Reda, tiraillé entre deux identités qui le rejettent également, cristallise ce conflit. Selon Pierre Leccia, « Plaine orientale ne parle pas d’un clan, mais d’un homme exclu de ses deux communautés d’origine, contraint de renverser les règles pour exister ». Reda, personnage en colère, enchaîne les erreurs, agissant parfois à son propre détriment. « Il veut briser le système, affirme Raphaël Acloque. Il incarne ce proverbe africain : L’enfant que le village n’a pas embrassé finira par le brûler pour en ressentir la chaleur. »
La série marque aussi une évolution par rapport à Mafiosa, avec une narration plus chorale et des figures féminines complexes. Qu’il s’agisse d’Inès, de la juge Maertens ou d’Alexandra, toutes cherchent à échapper aux rôles imposés — que ce soit par la famille, la justice ou les hommes. Alexandra, longtemps cantonnée à l’ombre de son père ou de son compagnon, finit par affirmer sa propre voie.
Plaine orientale impressionne par la montée en tension constante de ses épisodes, la densité psychologique de ses personnages, et sa capacité à mêler polar, chronique sociale et drame intime. Trahisons, rédemptions, conflits de loyauté… les thèmes sont universels, mais ancrés dans une Corse plus réelle que jamais, où l’ombre du passé côtoie les enjeux brûlants du présent.
Leccia s'appuie sur une caméra à l’épaule immersive pour plonger dans l'intimité d’une société traversée par des enjeux multiples : réseaux criminels, fracture identitaire, racisme, pouvoir et filiation. La série prend place dans la plaine orientale, au sud de Bastia, territoire déjà lourd de symboles et de paradoxes.
Plaine orientale bande-annonce vidéo
Reda Campana : entre rejet et quête d’identité
L’histoire débute avec Reda Campana (interprété par Raphaël Acloque), franco-corse et arabe, tout juste libéré de prison. Condamné à la place de ses anciens complices, il découvre qu’il n’est plus le bienvenu dans son propre clan. Simultanément, il retrouve Inès Amrani (Lina El Arabi), sa demi-sœur qu’il n’a pas vue depuis l’enfance. Ambitieuse magistrate, major de l’ENM, elle débarque en Corse pour intégrer le nouveau pôle antimafia dirigé par la redoutable juge Eva Maertens (Veerle Baetens).
Un pacte secret se forme entre Reda et Inès : renverser César Carlotti (Éric Fraticelli, tout en sobriété menaçante), figure tutélaire du crime local. Ce triangle dramatique est l’un des moteurs puissants de la série.
Mafia moderne et nouveaux enjeux
Plus qu’un simple récit de vengeance, Plaine orientale explore une criminalité en mutation. Après les trafics de drogue, les mafias corses investissent désormais le secteur du BTP, des déchets, et des marchés publics. « Aujourd’hui, on parle de “mafia corse” ouvertement, dans les institutions comme dans les médias. C’est nouveau », souligne Leccia. Une mafia plus horizontale que pyramidale, à l’image de celle de Calabre, composée de groupes interconnectés.
La fracture identitaire en toile de fond
Au cœur de la série : le racisme ordinaire, quotidien, intériorisé. Le personnage d’Alexandra (Antonia Desplats), fille de Carlotti et amante de Reda, s’insurge : « Le monde ne se résume pas aux Arabes d’un côté et aux Corses de l’autre. » Son père tranche, glacial : « Le mien, si. »
Reda, tiraillé entre deux identités qui le rejettent également, cristallise ce conflit. Selon Pierre Leccia, « Plaine orientale ne parle pas d’un clan, mais d’un homme exclu de ses deux communautés d’origine, contraint de renverser les règles pour exister ». Reda, personnage en colère, enchaîne les erreurs, agissant parfois à son propre détriment. « Il veut briser le système, affirme Raphaël Acloque. Il incarne ce proverbe africain : L’enfant que le village n’a pas embrassé finira par le brûler pour en ressentir la chaleur. »
Des personnages féminins puissants
La série marque aussi une évolution par rapport à Mafiosa, avec une narration plus chorale et des figures féminines complexes. Qu’il s’agisse d’Inès, de la juge Maertens ou d’Alexandra, toutes cherchent à échapper aux rôles imposés — que ce soit par la famille, la justice ou les hommes. Alexandra, longtemps cantonnée à l’ombre de son père ou de son compagnon, finit par affirmer sa propre voie.
Un drame humain avant tout
Plaine orientale impressionne par la montée en tension constante de ses épisodes, la densité psychologique de ses personnages, et sa capacité à mêler polar, chronique sociale et drame intime. Trahisons, rédemptions, conflits de loyauté… les thèmes sont universels, mais ancrés dans une Corse plus réelle que jamais, où l’ombre du passé côtoie les enjeux brûlants du présent.

par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
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