C dans l'air : des pourparlers entre l'Ukraine et la Russie. Les invités France 5 du mercredi 3 décembre 2025.

Publié le mercredi 3 décembre 2025 à 16h23
Alors que Moscou et Kiev acceptent de poursuivre des négociations toujours sans issue, l’Europe se divise sur le financement de l’effort ukrainien et fait face à de nouvelles menaces du Kremlin. Dans le même temps, l’Union adopte son premier programme de défense, tandis que l’affaire Christophe Gleizes ravive les tensions diplomatiques entre Paris et Alger. Une journée dense où diplomatie, sécurité et libertés se télescopent.
C dans l'air : des pourparlers entre l'Ukraine et la Russie. Les invités France 5 du mercredi 3 décembre 2025.

C dans l’air du 3 décembre 2025 - Russie - Ukraine : des pourparlers qui avancent sans progrès décisif


Moscou et Kiev ont confirmé, ce mercredi, leur intention de poursuivre les discussions autour d’un éventuel plan de paix, malgré l’absence d’avancée notable lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et l’émissaire américain Steve Witkoff.
À l’issue de près de cinq heures d’entretien au Kremlin, le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov, a admis qu’aucune « solution de compromis » concernant les territoires ukrainiens n’avait pour l’instant émergé. Il a cependant qualifié les échanges d’« utiles » et « constructifs », tout en soulignant qu’un travail conséquent restait à mener après un mois de négociations intenses.

Steve Witkoff, fragilisé par des critiques sur sa gestion des discussions et éclaboussé par la divulgation d’une conversation téléphonique avec Ouchakov, a conservé le silence. Après son entrevue au Kremlin, il s’est rendu à l’ambassade américaine à Moscou pour un échange sécurisé avec le président Donald Trump, aux côtés de Jared Kushner, membre de la délégation.

Menaces russes et inquiétudes ukrainiennes


Quelques heures avant son rendez-vous avec les envoyés américains, Vladimir Poutine a accusé les Européens de tenter de contrarier les efforts de Washington pour mettre fin au conflit. « Nous ne voulons pas de guerre avec l’Europe. Mais si elle la souhaite et l’engage, nous sommes prêts », a-t-il déclaré en marge d’un forum économique, un message perçu comme une nouvelle mise en garde.

À Kiev, Volodymyr Zelensky a dénoncé une manœuvre russe visant, selon lui, à obtenir un allègement des sanctions sous couvert de négociations. Il a réaffirmé vouloir la fin de la guerre, et non une simple interruption temporaire des combats. L’Ukraine a par ailleurs démenti la prise de Pokrovsk, annoncée la veille par Moscou, qualifiant cette information de « manipulation ».

L’Union européenne cherche un nouveau levier pour soutenir l’Ukraine


À Bruxelles, Ursula von der Leyen a présenté le plan européen destiné à aider financièrement l’Ukraine pour les années 2026 et 2027. L’objectif : placer Kiev en position de force dans les discussions avec la Russie. Deux pistes sont envisagées pour couvrir les deux tiers des besoins ukrainiens :
  • un emprunt européen, bloqué pour l’heure par l’opposition de plusieurs États membres, en particulier la Hongrie ;
  • ou l’utilisation des avoirs russes gelés en Europe, dont la majeure partie est conservée en Belgique.

Face aux réserves exprimées par certains gouvernements, la Commission privilégie désormais ouvertement la seconde option, tout en devant encore convaincre les autorités belges.

En parallèle, le Parlement européen a adopté la semaine dernière EDIP, le premier programme de soutien à l’industrie européenne de défense. Doté de 1,5 milliard d’euros, il doit renforcer la capacité militaire de l’UE. Les rapporteurs du texte, François-Xavier Bellamy et Raphaël Glucksmann, en détaillent les ambitions dans une interview diffusée ce jour dans C dans l’air.

Invités du jour :
  • Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU
  • Philippe Gélie, directeur adjoint de la rédaction du Figaro
  • Marion Van Renterghem, grand reporter et chroniqueuse à L’Express
  • Samantha de Bendern, chercheuse en relations internationales (Chatham House)

C dans l'air l'invitéPatricia Allémonière - L’affaire Christophe Gleizes : le journaliste français demande la clémence


En Algérie, le journaliste Christophe Gleizes, incarcéré depuis juin et condamné en première instance à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », a imploré ce mercredi la clémence de la cour d’appel de Tizi Ouzou.
Selon un journaliste de l’AFP présent dans la salle, il a reconnu « beaucoup d’erreurs journalistiques » malgré ses « bonnes intentions » et a exprimé son souhait de revoir sa famille. Le parquet a requis une peine de dix ans, plus lourde que la condamnation initiale.

Âgé de 36 ans, collaborateur des magazines So Foot et Society, Gleizes a expliqué qu’il aurait dû entrer en Algérie avec un visa de presse plutôt qu’un visa touristique, et reconnaître plus clairement les risques liés à certains de ses contacts, considérés comme proches d’une organisation terroriste par Alger.

Enjeux diplomatiques entre Paris et Alger


L’arrestation du journaliste intervient dans une période délicate pour les relations franco-algériennes. La grâce récemment accordée à l’écrivain Boualem Sansal avait laissé espérer un apaisement, tandis qu’une visite du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, serait en préparation. Le sort de Christophe Gleizes pourrait toutefois rebattre les cartes.

Pour analyser cette situation, C dans l’air reçoit aujourd’hui Patricia Allémonière, grand reporter et autrice de Au cœur du chaos (Artaud), spécialiste de l’Algérie où elle a mené de nombreux reportages.
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