Groenland : au cœur des nouvelles rivalités géopolitiques mondiales (documentaire France 5)
Au cœur de l’Arctique, le Groenland devient un territoire stratégique majeur, convoité par les États-Unis, la Russie et la Chine. Entre fonte des glaces, richesses minières et revendications indépendantistes, ce documentaire plonge dans les nouvelles tensions géopolitiques qui menacent l’équilibre de la plus grande île du monde et le destin de ses habitants.

Le Monde en face – « Groenland : Annexe-moi si tu peux »
Un territoire convoité au cœur des tensions mondiales
Avec seulement 57 000 habitants, le Groenland — plus grande île de la planète — occupe une place stratégique majeure dans l’Arctique. Longtemps marginalisée, cette terre hostile se retrouve aujourd’hui au centre d’un affrontement silencieux entre grandes puissances. Dans ce contexte, le peuple inuit, marqué par une histoire coloniale douloureuse avec le Danemark, relève la tête et revendique sa souveraineté.
Ce documentaire, suivi d’un débat présenté par Aurélie Casse, est diffusé dimanche 7 décembre à 21 h 05 sur France 5.
Une séquence politique explosive à Nuuk
En janvier 2025, un avion surnommé le « Trump Force One » atterrit à Nuuk. Donald Trump Jr. y propage la rhétorique du mouvement MAGA. Quelques heures plus tard, Donald Trump, fraîchement investi pour un second mandat, provoque la stupeur internationale en évoquant publiquement l’annexion du Groenland « au nom de la sécurité nationale ». Dans l’île, une vague de protestations s’organise immédiatement.
Le nouvel échiquier arctique
La fonte accélérée de la banquise transforme l’Arctique en futur carrefour maritime. Les États-Unis, la Chine et la Russie se livrent une lutte d’influence pour le contrôle de ces nouvelles routes commerciales. Sous la glace, les ressources minières — notamment les terres rares, essentielles aux technologies modernes et à l’armement — attisent toutes les convoitises.
L’historien américain Ronald Doel rappelle que l’intérêt américain pour le Groenland ne date pas d’hier. Dès le début du XXe siècle, l’explorateur Robert Peary atteint le pôle Nord avec Matthew Henson, ce dernier s’étant profondément intégré aux communautés inuites.
Une histoire d’annexions manquées
Après l’achat de l’Alaska en 1867, les États-Unis considèrent le Groenland comme une extension géographique naturelle de leur territoire. À trois reprises au XXe siècle, Washington tentera de l’acheter. Donald Trump est le premier à évoquer l’idée d’une prise de contrôle par la force.
Colonisé par le Danemark dès 1721, le Groenland devient une province danoise en 1953, puis obtient une large autonomie lors du référendum de 1979. Il dépend toutefois encore fortement des aides financières de Copenhague. Aqqaluk Lynge, figure politique et poète groenlandais, reconnaît que ce choix fut celui des générations précédentes.
La montée du désir d’indépendance
Aujourd’hui, l’indépendance est devenue un objectif largement partagé. Après les déclarations de Trump devant le Congrès américain en mars 2025 — jugées humiliantes par nombre de Groenlandais — le ressentiment s’intensifie. La ministre des Ressources naturelles, Naaja Nathanielsen, souligne que ces propos ont profondément choqué la population.
Une tentative d’apaisement du vice-président américain, venu en visite sur place, se solde par un rejet massif : sa venue est perçue comme une opération de communication maladroite.
Présence militaire et nouvelles menaces
Le Danemark, toujours responsable de la défense du territoire, renforce ses dispositifs et déploie des forces spéciales. La Russie, de son côté, réactive ses bases militaires dans l’Arctique et multiplie les manœuvres visant à sécuriser les futures routes maritimes entre l’Europe et l’Asie.
Au Groenland, la légendaire patrouille danoise Sirius affirme que, malgré la sophistication des technologies militaires, seule une présence humaine permanente permet d’affirmer une souveraineté réelle dans ces conditions extrêmes.
Les cicatrices du passé nucléaire
Dans les années 1950, la construction de la base américaine de Thulé entraîne l’expulsion forcée des populations locales. Des archives révèleront plus tard la présence secrète d’armes nucléaires dissimulées sous la glace. Un crash d’avion militaire transportant des ogives provoquera des contaminations mortelles chez plusieurs Inuits mobilisés pour les secours.
Aujourd’hui, la fonte des glaces fait craindre la réactivation de ces pollutions radioactives enfouies depuis des décennies.
La ruée vers les minerais stratégiques
Des émissaires économiques américains sillonnent l’île pour explorer les gisements de nickel, cobalt et cuivre, métaux essentiels à l’industrie des batteries et des véhicules électriques. Le discours officiel met en avant promesses d’emplois et prospérité.
Mais la population locale reste méfiante. Pour l’activiste Ivaaq Poulsen, la position est claire : « Nous sommes les gardiens de cette terre, elle ne nous appartient pas, nous lui appartenons. »
Un douloureux travail de mémoire
En septembre 2025, le Danemark présente des excuses officielles aux milliers de femmes groenlandaises victimes de stérilisations forcées dans les années 1960, à travers la pose contrainte de dispositifs intra-utérins.
Ce geste tardif ravive les blessures historiques mais ouvre un espace de dialogue inédit.
Un peuple face à son avenir
Pris entre la promesse de richesses minières, la pression des grandes puissances et les bouleversements climatiques, les Inuits tentent aujourd’hui de reprendre le contrôle de leur avenir politique, territorial et culturel.
Groenland : Annexe-moi si tu peux — Le Monde en face, dimanche 7 décembre à 21 h 05 sur France 5.

par TV-Programme.com
"L'équipe rédactionnelle de TV-Programme.com"
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