
C dans l'air
Info Magazine d'information 20/06/2025 à 16h54 1h04min 21 vuesArbres arrachés, routes inondées, toitures abimées
ou envolées, pylônes tordus par la violence des rafales… Le réveil est
brutal ce jeudi matin dans de nombreuses communes du pays, balayées dans
la nuit par des orages d’une rare intensité.
Le bilan est lourd : deux morts — un adolescent de 12 ans, tué par la
chute d’un arbre à Picquebos, près de Montauban, et un homme de 59 ans,
conducteur de quad, en Mayenne —, dix-sept blessés, 100 000 foyers
privés d’électricité. Les dégâts matériels sont
innombrables.
Pourtant, l’événement avait été anticipé. Météo-France avait placé une
cinquantaine de départements en vigilance orange, mercredi, pour orages
ou canicule. Mais l’alerte n’a pas suffi à prévenir les drames. Et une
fois les vents tombés, une autre tempête s’annonce
: celle des démarches, des déclarations de sinistres, des
indemnisations, et pour certains, de la répétition infernale des
catastrophes.
Inondations, sécheresses, canicules, gels tardifs… Les épisodes
climatiques extrêmes se succèdent à un rythme alarmant. La France, qui
se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale — +1,7 °C depuis 1900 en
métropole —, n’est plus un simple témoin du changement
climatique, mais en subit déjà de plein fouet les conséquences.
Face à cette réalité, plusieurs ONG (Greenpeace, Notre Affaire à Tous,
Oxfam) et onze citoyens sinistrés ont décidé de passer à l’action. Ils
ont annoncé un recours devant le Conseil d’État pour contraindre l’État à
renforcer son Plan national d’adaptation
au changement climatique (PNACC-3), jugé largement insuffisant.
Pas question de demander de l’argent : ils exigent des actes. Des
mesures concrètes, ambitieuses, à la hauteur des enjeux, alors que les
reculs environnementaux se multiplient depuis le début de l’année, en
France comme ailleurs.
Les plaignants dénoncent un État qui manque à ses obligations. Parmi eux
: des agriculteurs aux champs noyés, des familles dont les maisons se
fissurent, des habitants privés d’eau, des personnes vulnérables
écrasées par les vagues de chaleur.
Le gouvernement, lui, assure avoir anticipé les évolutions à venir, avec
un PNACC-3 qui vise à préparer infrastructures, transports et
agriculture à un monde plus chaud de 4 °C d’ici 2100. Mais pour les
requérants, ce plan est trop tardif, trop timide, trop
éloigné de l’urgence.
LES EXPERTS :
- François GEMENNE - Professeur à HEC, président du conseil scientifique - Fondation pour la nature et l’homme
- Nicolas BERROD - Journaliste au service Futurs, santé-médecine et climat Le Parisien - Aujourd’hui en France
- Olivier MOUSTACAKIS - Directeur général d’Assurland.com
- CHLOÉ NABÉDIAN - Journaliste spécialiste des questions climatiques





























